Hors Champ

septembre/octobre 2017

Logan Lucky

MIKE LE MAGICIEN

par Olivier Godin
septembre / octobre 2017 3 octobre 2017

Pour Amilcar Auguste

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Je ne vois plus le soleil et lorsque je sors d’ici, la nuit me surprend. Je trouve une automobile qui me rapproche de la dorure réconfortante du jour. Mes ennemis ne sont pas loin. Des murmures que je soupçonne d’eux me frôlent les épaules et les coudes et la lune a enfilé des bagues qui m’aveuglent. D’une main, je tiens le volant, de l’autre, le téléphone. Ce téléphone que j’utilise en gonflant le torse. De l’espace qu’il occupe, le torse, une fois rempli de l’air de la nuit, j’en tire une auguste félicité. Torse est un drôle de mot. Tout ça pour dire que je demeure sur mes gardes, sur la route, mais aussi bien sûr, dans le sein de l’espérance où les réponses se traduisent en argent sonnant. Oh ! en déjeuner. Si j’avais des bidous à dépenser, j’irais plus souvent déjeuner au restaurant. Voilà ma seule certitude en ce qui concerne un fortuit versement d’argent dans mon compte bancaire. Tatum, Soderbergh, me voilà à la frontière. Dans mon portefeuille, il y a une facture soigneusement pliée sur laquelle figure un item tranchant, le couteau. La nuit est sinon très accueillante. Il faut accoucher d’un film dans lequel le corps sert l’écriture, mais dont le contenu n’est jamais abusé par ce commandement.

– Comme chez Tati ou Keaton suggérera Soderbergh.

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Mais j’ambitionne sur mon récit ! Voilà qui m’amène enfin à mon petit sujet d’aujourd’hui. Vous vous en doutiez, car l’automobile se dirige sur New York. Un liquide froid attend dans le frigo de la maison de l’acteur Channing Tatum. Il y a fort à parier que ce liquide froid rencontrera les lèvres de monsieur Tatum et provoquera en lui une voluptueuse sensation. Dans l’attente chérie de ce moment prochain, l’acteur est dans un gymnase où il soulève des haltères.

– Regarde mon avant-bras, me dira Channing Tatum.
– Il est très beau ton avant-bras.
– Tu vois ici ?
– Je vois.
– Le fléchisseur radial du carpe.
– C’est quoi ?
– C’est le nom du muscle que je te présente.
– Bravo…
– Je m’entraîne tous les jours, précisera Tatum, et il aura fallu une dizaine d’années afin que ce muscle obtienne cette définition.
– C’est un beau muscle.
– Tu trouves ?
– Oui.
– Regarde mes mains, me dira Tatum.
– Elles sont belles.
– Vraiment, tu trouves ?
– Oui. Je trouve que ce sont de belles mains.
– Est-ce que tu les trouves belles parce que tu les associes au reste de mon corps qui est plus que magnifique ?
– Possiblement.
– Hélas, tu te méprends donc dans ton aveuglement généreux à trouver mes mains belles !
– Je me doute que le reste de ton corps est plus beau que tes mains qui sont dans cet ensemble harmonieux qui te compose possiblement quelconques.
– Quelconques ! répliquera Tatum.
– Mais le quelconque a quelque chose de beau aussi !
– Non ! hurlera Tatum, le quelconque est horrible, négligeable, inutile et sans saveur. Le quelconque est horrible !

Tatum répètera plusieurs fois comme un refrain que le quelconque est une chose horrible ! Le quelconque est horrible ! Il crachera. Le quelconque est horrible ! Il crachera encore. Vexé, il profitera de sa vigueur pour se convaincre du secret d’une exigence plutôt commune, soit, la peur du quelconque. Steven Soderbergh, le grand cinéaste américain, aime les mains de Tatum aussi bien que son corps. Il aime particulièrement ce petit quelconque de centre d’entraînement qui fait néanmoins exception parmi la plèbe, ce quelconque qui appartient à cette culture de catalogues et de vitrines.

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Au-delà des mains et de ses potentiels, il y voit plus certainement ce rêve qui se loge dans les apparences et qui fomente comme un sorcier les formules d’un éternel aussi aveuglant qu’inspirant. Le sexe, le plaisir et l’argent. Il sait que par le spectre de cette capiteuse trinité le spectateur aguerri, le fin badaud et le complice innocent se projetteront dans le corps de Tatum, en somme, dans l’image séduisante d’un monde organique où l’imaginaire et la connaissance gagnent à s’affaiblir au profit de la beauté et de la grâce. Il sait aussi que Tatum est un symbole et que cela en fait plus qu’un acteur. Ce jour-là, Soderbergh est venu nous rendre visite. En fait, nous l’attendions dans un café tout près de son pied-à-terre new-yorkais. Je lui présentais un scénario pour lequel je pressentais travailler avec Tatum, son acteur, disons, fétiche. Dans le scénario, un film de basket-ball, j’y décrivais le personnage que devait jouer Tatum de la sorte.

He’s standing at a street corner, looking at the snow falling. He’s a vigorous, tall man of thirty four, robust and good looking, full of energy, with pleasant, hearty, considerate manners, and a sound, strong American accent, which he uses with the streetwise and cocky articulation of a practised antihero, a modern day Gary Cooper.

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Une fois, Soderbergh s’est servi du nom et du statut de Tatum sans que ce dernier n’offre grand-chose de lui-même, sinon, quelques répliques livrées avec un naturel teinté de nonchalance, enfin, il s’est agité juste assez pour être digne d’un quart de l’affiche. C’était dans Side Effects. Une autre fois, Tatum sera plus qu’une huile au service de l’engrenage promotionnel du film, il sera un corps, sans huile ou sans artifice, une vraie présence. Ce sera dans Haywire. Cela dit, lendemain de veille, blessé ou fatigué, il livrera encore une fois ses répliques avec le naturel nonchalant. C’est dans Magic Mike qu’il devient, osons le dire, un artiste. Le corps de Tatum y est un objet lucratif, un objet de désir qui transcende le quelconque. Il sera même dit qu’une magie s’opère lorsque Mike est en mouvement. Mais l’histoire de Magic Mike est celle du savoir des mains dont le but noble est d’affranchir le reste du corps, lui, cette prison, qui carbure au miel du spectacle. Mike veut travailler de ses mains, car il sait que son corps est l’esclave d’un monde qui n’en connaîtra jamais que les contours, alors que ses mains ont le potentiel de transpirer son engagement réel envers la création, cette discipline qui est le fruit de la danse et qui sera le foyer de son indépendance. La guerre y est faite aux apparences. Être un artiste libre. Connaissez-vous quête plus épique et plus noble ? Les épées et les couteaux n’y peuvent malheureusement que trop peu. Néanmoins, par égard pour João César Monteiro, je me remémore ici une de mes histoires de couteau favorite. Vous la connaissez sûrement. Elle se déroule avant la Révolution des Œillets et raconte que Monteiro est entré dans le Centre portugais du Cinéma, un couteau contre sa gorge, exigeant des Décideurs l’argent avec lequel il réalisera les Fragments d’un film-aumône. Ah ! pardonnez ce petit détour déguisé en éloge du couteau et revenons à Tampa Bay où Mike, souvenez-vous, désire fonder une compagnie et créer des objets inédits, imaginés à même le hasard et le butin des ouragans. Mais parce que Magic Mike a lu Kleist, Shakespeare et Kant, malgré son ambition, il sent poindre le mal de vivre qu’une conscience claire accroît. En sympathique héritier d’Hamlet, il hésite, car si ses mains portent son savoir et son identité, c’est parce que ce sont par elles qu’il obtiendra sa liberté, mais surtout, une liberté qui se situe dans l’exigence, une vie intérieure, une conscience du gouffre. Un tout qui l’éloignera de l’enviable univers de l’amusement. Magic Mike deviendrait-il l’énigme des centres d’entraînement ? Le désir est capricieux quand l’argent et le confort sont les arguments de ses fondations. Hélas, afin de se consacrer à sa liberté, d’autres combats, cette fois sur le territoire du palpable, attendent votre danseur favori.

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Un jour, Mike se présente à la banque afin d’obtenir un prêt. Enfant de l’ouvrage et de l’acharnement, son corps en est le stigmate, Mike connaît et redoute l’empire des nombres et le langage du capital. Dans la mire des banques, son corps est soustrait de ces atouts et réduit à n’être qu’un nom affublé d’un chiffre, d’une cote de rendement, malheureusement, insuffisante. À la banque, Magic Mike devient Michael Lane et ce dernier, dépossédé de ses charmes, complètement ensorcelé par l’entité bancaire, a tout oublié des formules magiques de son double. La réaction de la conseillère financière, cette particule humaine qui participe à déshumaniser les rapports entre les trusts et les hommes, est d’ailleurs splendide d’ambiguïté. Devant la demande de Michael Lane et le fait que son mandat lui exige de la rejeter de la manière la plus dépersonnalisée possible, elle fige, sincèrement étonnée du pouvoir que les chiffres lui confèrent. Oh ! honteuse et consciente de dominer une des plus ravissantes créatures du Royaume, sa confusion que j’estime merveilleuse parce que proche d’une mélancolie qu’auréolerait le fantasme, suscite une triste étincelle d’espoir. Elle dit avec les mots que la supériorité des uns sur les autres est déterminée par des chiffres, mais, avec le visage, elle dit autre chose. Elle dit qu’elle serait quand même capable d’aimer. Le conditionnel est indispensable. Son empathie est une arme et un fruit. Vous aimez comme moi les métaphores juteuses ? Qu’est-ce que le corps, sinon lui aussi, une arme et un fruit ? Par ici, le souvenir a une voix et parle le langage du corps.

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Parallèlement, Magic Mike rencontre une demoiselle fort jolie qui parle surtout le langage de l’âme et de l’engagement. Elle nomme l’exigence. Cette femme est celle qui révèle Michael Lane à lui-même. À la fin de Magic Mike, l’amour triomphe et le couple étant une force économique indéniable, il vous est permis de trancher et d’estimer qu’à la barbe des banques, Mike obtient sa liberté, matérielle et spirituelle. Les mains remportent la victoire, mais pas la guerre ! Dans la suite, Magic Mike XXL, par quelques envoûtements des ondes, à la manière dont la sonate de Vinteuil s’empare de l’esprit de Swann, Pony de Ginuwine s’empare du corps de Mike et met à l’épreuve la ténacité de son engagement, le triomphe des mains et de l’esprit sur le corps. Devenant ainsi le moteur narratif qui le propulse à nouveau dans les griffes du spectacle, cette scène de danse est la seule, dans les deux films mettant en vedette votre danseur favori, qui se déroule sans l’ombre d’une spectatrice. L’artiste est un être passionnel et vous constaterez que par les moyens de l’ébénisterie la perceuse électrique de Magic Mike devient une extension de son domaine reproductif, inventant ainsi la femme à partir de la matière. Comme vous vous en doutez, cette danse lascive est très amusante. Avec humour donc, l’expression du corps permet un moment d’introspection où le désir s’enrobe dans des parfums de nostalgie qui sont, disons, décomplexée par les énergies du mouvement. Cette scène est plus qu’une prouesse athlétique. Elle est la clé du scénario. En perd-il sa liberté ? Que dit le calendrier ? Il le dit à grand renfort de parades, de drapeaux et de feux d’artifice, soit, que l’action du film se déroule un 4 juillet, jour de la fête de l’indépendance.

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Le vertige du quelconque aura rattrapé les amants et dans cette défaite individuelle infligée par le souvenir, l’indépendance se transforme en une chute. Mike cède à son nouveau maître et décide de rejoindre ses amis du spectacle pour un dernier voyage par lequel s’affirmera une destinée collective, celle du pays, celle d’une puissance qui dépasse l’individu. En écriture, je me demande tout à coup comment transmettre aux lecteurs l’émotion et l’humour qu’un corps animé par la virtuosité alléchante du souvenir peut dessiner sur le visage d’un acteur ? Mais comment traduire en scénario ce qui relève du mouvement, de la grâce qui est un outil d’acteur au même compte que les mots ? La danse et le basket-ball opèrent selon une poétique semblable que je dirais gouvernée par des fondamentaux qui se fiancent au style. Croyez-vous que la méditation est nécessairement le contraire du rêve ?

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Je reviens vers Soderbergh parce que je suis allé le visiter à New York, mais aussi parce que son plus récent film, Logan Lucky, est admirable. Dans ce dernier, Channing Tatum y est Jimmy Logan, un personnage que je définirais comme un travailleur de la construction, portant fièrement cette étiquette, souvent tracée au couteau et qui vient avec son cortège d’idées reçues. Mais disons que Jimmy n’est certainement du genre à pisser sur son propre camion. Vous voyez ce que je veux dire ? As de la mécanique, il est très doué de ses mains et pourtant, a une écriture d’enfant, simple et majuscule. Il faut dire qu’il gagne sa vie de ses mains sans pour autant se servir du crayon. Mais ici, contrairement à Magic Mike, c’est le reste du corps qui trahit les mains. Un jour, sur le chantier, un assureur remarque la démarche lente et claudicante de Jimmy Logan. Le jeune homme est un boiteux. Après enquête, sa blessure représentant un potentiel risque pour la compagnie, Logan est congédié. Dès lors, le corps passe au second plan. Soderbergh empoisonne le potentiel athlétique du jeune Tatum dans un corps boiteux comme pour souligner davantage la force qu’il est susceptible de porter. Aucune prouesse physique ne le sortira des embarras à venir. Le corps en devient une prison, mais cette fois, qui manège les possibles. Le pari est tellement emblématique d’un désir de cinéma que le personnage incarné par Tatum devient garant du quelconque, celui des cols bleus, de leur apparente simplicité, à l’image d’une écriture d’enfant, celle de Logan, qui détaille les 10 commandements du parfait cambriolage. Pour triompher des structures capitalistes afin de redistribuer leur richesse parcimonieusement dans sa communauté, Logan mise sur cette simplicité.

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Le corps de Jimmy Logan, sa démarche, ce qu’il projette, est le premier signe d’une compréhension du monde qui repose sur l’importance que ce dernier accorde à la bonne santé des apparences. Le secret qui fait la réussite du cambriolage, bref, du film, réside précisément dans la foi de Logan envers un gouvernement des idées qui miserait son prestige et son honneur sur la carte des apparences. Il faut voir comment les hommes qui dirigent l’institution carcérale et l’industrie du divertissement participent à la victoire des brigands – elle n’en sera une qu’au bénéfice des cambrioleurs (par extension, des spectateurs) – en choisissant le mensonge et l’hypocrisie afin de préserver de tout scandale l’image publique de l’entité qu’ils représentent respectivement et sinon, conjointement, de ce système d’exploitation sur lequel est fondée notre société. Que dit le calendrier ? Il dit, à grand renfort d’avions déchirant le ciel, de voitures bruyantes et de fanfares patriotiques, que l’action de ce film se déroule encore une fois en un jour férié, le Memorial Day, jour où l’armée fête ses morts, une fête aussi commerciale que patriotique. Que dire de ce circuit de course automobile affublé d’organes qui sucent l’argent sonnant du bon peuple pour le vomir dans une immense caverne souterraine ? À partir du corps d’un homme, Soderbergh rebondit, gonfle, danse et dresse un portrait nuancé et complexe des Amériques.

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Le soleil n’est pas toujours jaune et Tatum a encore beaucoup à envier aux grands acteurs corporels de l’histoire. Ma trinité personnelle serait composée d’Arnold Schwarzenegger, de Jackie Chan et de Buster Keaton. Mais Tatum a du potentiel. Quelque part peut-être entre Jackie Chan, pantin ludique et athlétique et Arnold Schwarzenegger, enveloppe sculptée, capable de douceur et de fureur. Le premier rôle de Tatum au cinéma est dans Coach Carter, un film de basket-ball dans lequel, si vous portez attention aux joutes captées par la caméra, vous remarquerez que les joueurs de l’équipe dont les exploits sont racontés ne ratent jamais un seul panier. Dans tout le film, aucun panier n’est raté ! C’est incroyable ! Tatum fait son apparition pendant le générique d’ouverture, vous l’avez deviné, torse nu. Il entre dans le cinéma par le torse, ce drôle de mot. Vous l’aviez deviné ? Vin Diesel est une masse sans substance qui conduit des véhicules et ce serait une erreur tout à fait paresseuse et grossière que de le confondre avec Tatum. Il en aura été très peu question ici, mais je caresse l’ambition de réaliser un film magique dont le sujet principal est le basket-ball. Déjà, des questions s’enchaînent à ma volonté et dominent comme un nuage noir cette création à venir. Ce texte en est certainement un témoin inquiet depuis longtemps planqué dans le secret de mes vœux.

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Je m’adressai à Soderbergh en émettant clairement quelques doutes. Pourquoi créer sans se mesurer aux plus grands ? Et que sont ces grands films de basket-ball auxquels le Québec tarde à se mesurer ?

Love & Basketball ?
Drive, He Said ?
Forget Paris ?

Dans le scénario que je bichonne depuis des mois et dont j’ai imposé la lecture à Soderbergh, je suggère que le corps de l’acteur se sublime dans le sport et que son esprit se sublime dans la parole. Par ce commandement fondamental qui en anime la prémisse, le conflit dramatique obtient son élan, un élan que ne doit jamais freiner la mise en scène. Ainsi, des principes de concision et de vitesse s’appliquent à celle-ci. Soderbergh renchérit en disant toujours chercher à capter l’humour et la tension des scènes, parfois grâce au rythme interne que créent les dialogues, mais autrement, grâce aux gestes, grâce à la présence énergique des acteurs. Sa poétique vise leur essence. Et la suite me voit cacher des couteaux et des éventails dans mes manches. Je reviens par la même route et je dis à bientôt Amilcar Auguste.

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