Hors Champ

mars/avril 2017

Ceux qui font les révolutions...

Le cinéma québécois ne digère pas la grève

par Nadejda
mars/avril 2017 20 avril 2017

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Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau (Mathieu Denis, Simon Lavoie, 2016)

« Notre film n’a pas envie de parler strictement du printemps érable. Il a envie de parler du Québec en tant que société : qu’est-ce qui fait que nous en sommes où nous en sommes aujourd’hui. », disait Mathieu Denis. Prenons-le au mot et parlons, à partir de la réception de Ceux qui font les révolutions, de la situation actuelle du Québec, de la répartition de la légitimité, du droit de représenter, des paroles politiques audibles et celles qui ne le sont pas. Voyons qui peut prendre la parole pour « critiquer » – entendre encenser un film - à qui l’on demande son avis, et quels moyens sont laissés aux autres pour exprimer leur frustration.

Soit un système, celui du cinéma québécois officiel, avec ses producteurs et diffuseurs, ses communiqués et ses journalistes, qui se voit bousculé par une réaction négative à une de ses productions. Ce système, comme tout système, a du mal à accepter la remise en cause de son hégémonie. Et on se retrouve avec un débat public qui remet en scène, au bout du compte, plus ou moins les mêmes divisions qu’il y a 5 ans, dans des termes extrêmement similaires (« vandalisme, intimidation »), en opposant ceux et celles qui se réclament de l’événement et ceux et celles qui occupent des places dans les sphères médiatiques de la société québécoise. Probable même que les éloges des uns croissent avec le rejet des autres. Il n’est déjà plus question d’un film, mais de places dans une hiérarchie, de ceux qui ont droit à la parole publique et qui entendent bien la garder.

À bien des égards, cette œuvre ne fait que renvoyer le reflet du milieu qui l’a rendue possible. Ceux qui font les révolutions est un film fait par des gens qui appartiennent bel et bien à ce milieu officiel du cinéma québécois, qui ont à leur actif des œuvres « reconnues » par les pairs. Soyons clairs : n’importe quel film sur 2012, venant de ce milieu-là, aurait été désastreux. Désastreux face à l’événement, face à la fidélité à une colère qui affecte encore bien des corps, malgré le froid de février. Le fait qu’il ait été confié à deux réalisateurs versant dans le tragico-nationalisme, n’ayant pas, de leur propre aveu, participé au mouvement, n’ayant jamais cherché à vérifier leur version auprès des ex-grévistes, révèle moins l’inadéquation de ces deux personnages, que la décadence du système qui a permis à ce film d’exister, et, qui plus est, d’être porté aux nues, persistant à le défendre bec et ongles.

Il n’y a qu’à comparer le traitement accordé à Ceux qui font les révolutions... à celui réservé à un autre film sur la grève de 2012, un documentaire malheureusement passé sous le radar, Ruptures. Réalisé sur une période de 4 ans par le groupe Épopée et projeté quelques rares fois, dont une installation d’un mois à l’automne 2016 à la Cinémathèque québécoise, Ruptures prend un chemin tout à fait contraire à Ceux qui font les révolutions. Projet à la fois très humble dans sa forme et très ambitieux sur le fond, Ruptures se contente de présenter, quatre heures durant, des entrevues frontales avec des protagonistes de 2012 - ses criminalisés et ses blessés surtout. Si le milieu médiatique s’est désintéressé de Ruptures, au regard de l’attention énorme accordée à Ceux qui font les révolutions, il n’y a là qu’un indice de plus du fait qu’au fond, l’expérience des grévistes ne l’intéresse pas. Si on les convoque, c’est pour leur refaire porter les mêmes costumes usés : jeunesse minoritaire, violente, incomprise, idéaliste. Et après l’anniversaire obligé des 5 ans du « Printemps Érable », le cirque médiatique passe à autre chose.

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Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau (Mathieu Denis, Simon Lavoie, 2016)

Visiblement, 5 ans plus tard, une bonne partie du cinéma québécois, comme toutes les institutions de cette société tricotée serrée, n’aura pas été transformé par ce mouvement social sans précédent. Visiblement, quelque chose résiste au réel dans ces grosses machines, s’accroche à ses propres évidences, et continue de défendre la médiocrité. Ce même constat qui faisait dire à Deleuze que « Mai 68 n’a pas eu lieu », est peut-être encore plus vrai aujourd’hui. Ceux et celles qui ont été du mouvement, combien même auront-ils et elles été des milliers, n’ont qu’une existence spectrale dans ces sphères officielles. Quelque chose qui hante et dont on ne parle jamais.

La façon même d’encenser ce film dans la presse et chez les critiques officiels devrait nous donner des indices sur ce que ce film n’est pas, sur ce qu’il n’accomplit pas. Il est, à la rigueur qualifiée d’excessif, quand ce qui frappe, c’est son manque de goût. Le mauvais goût, c’est de ne pas savoir s’arrêter, c’est d’en faire trop, dit Agamben ; et c’est bien de cela que souffre cette œuvre traversée par un wagnérisme de province. Avec sa violence aberrante, son éclectisme vulgaire, son esthétisme forcé et ses scènes de chorégraphies nues dignes des pires idées de Dave St-Pierre. En sortant la panoplie, on s’assure au moins de « choquer » le spectateur. On souligne le courage de la chose, son audace politique. Il n’y a rien là pourtant qu’une éternelle redécouverte, le même étonnement devant le fait qu’il y a des gens qui sont traversés par une croyance forte et qui ont décidé d’accorder leurs actes à cette vérité. En cela, ce point de vue, drapé de masochisme et d’hyperbole, reste au fond empreint d’un libéralisme bon genre. Il ne plonge pas dans l’intensité de ses personnages mais se contente de les regarder s’autodétruire. Tout au plus cherche-t-il à expliquer leur colère par des scènes souvent maladroites, sensées faire la somme de ce qui les a conduits « là ». Comme la bonne majorité des films québécois traitant de sujets politiques, il est porté par de bonnes intentions, un humanisme qui vise à « faire comprendre » les motivations des protagonistes. Et c’est précisément cette approche naïve - tellement de gauche – qui le rend aussi insupportable.

Que signifierait partir de « là » où sont les personnages ? C’est prendre au mot les protagonistes de 2012 et de ses suites, partir de l’évidence de leur position existentielle et politique, au lieu de passer 3 heures à essayer de peindre un récit toujours approximatif sur leurs trajectoires, avec une prépondérance du problème familial, pour mieux leur préparer une fin cruelle. Partir de « là » où elles et ils sont, c’est prendre au sérieux leur position, leurs manières de vivre ; ne pas les réduire à un folklore pour curieux ni à une enflure esthétisante.

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Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau (Mathieu Denis, Simon Lavoie, 2016)

Ce que Godard réussit très habilement dans La Chinoise : en prenant le parti du jeu, d’une extrême légèreté face à la lourdeur idéologique, il évite tout le pathos forcément surjoué, forcément à côté d’un réel qui se croit unilatéral, dans lequel s’enfarge volontiers Ceux qui font les révolutions... Il aurait fallu montrer, comme dans Les Amants réguliers, par exemple, comment ce rapport au monde se nourrit constamment de lui-même grâce à sa désinvolture, qu’il détourne constamment la platitude du réel pour s’en faire un bouclier de joie, qu’il est une passion pour le monde et un refus catégorique de son état présent. Qu’il se bat corps et âme pour ne pas être ravalé, écrasé. Il aurait fallu trouver le cadrage pour montrer que « C’est le monde qui n’est pas synchrone, eux sont justes, sont vrais, ils représentent la vie », comme le disait Godard à propos de Bande à part. Mais dans Ceux qui font les révolutions, tout rate : en commençant par le scénario, et sa reprise archi-éculée de la terrible cellule radicale qui vire au vinaigre. Mais un huis-clos, ça se filme si bien, ça se prête à toutes les mauvaises sauces, à toutes les projections narcissiques. Il a été reproché à Kéchiche d’avoir projeté ses fantasmes de lesbianisme, très loin de la réalité, dans La Vie d’Adèle, et Denis et Lavoie en ont fait exactement de même : à vouloir exalter maladroitement l’intensité d’une expérience qu’ils ne comprennent qu’à moitié, leur œuvre est peuplé de radicaux fantasmés, dogmatiques et froids– un fantasme qui leur appartient bien plus qu’il ne serait un « prolongement des possibilités de 2012 ».

Ce n’est pas à dire que pour réaliser un film sur la grève, il faut absolument avoir été un gréviste, ou plus généralement que pour faire un film politique il faut obligatoirement être un militant. Surtout que les militants ne font pas nécessairement les meilleurs films. L’enjeu ici est très loin de la rectitude politique, des mauvaises questions de représentation. Mais les œuvres les plus porteuses, celles qui arrivent à faire que quelque chose se passe, sont toujours le fruit de la rencontre entre des forces agissantes, et les puissances du cinéma, afin de transfigurer le moment politique en image affectante. Dans le cas de Denis et Lavoie, on sent (on sait), que la rencontre avec la grève de 2012 a tout au plus été une fascination par le biais des images médiatiques, d’où cette même focalisation sur quelques signes (le carré-rouge, la violence, les policiers en armes, la nudité), que leur film partage avec les médias de masse. Rien d’un regard neuf, d’un style à la hauteur de l’évènement, n’émerge.

Les films sont politiques dans le mesure où ils créent une rupture dans le régime cinématographique dominant. Ce qui fait la richesse de La Chinoise, c’est l’utilisation constante du décalage, la conversation sur le terrorisme dans le train de banlieue, le ratage comique de l’assassinat, les plans délirants autour du Petit livre rouge. Tout le film semble dire « Je me moque d’eux, mais en me moquant d’eux je me moque aussi de moi-même, en tant que film pas sérieux sur des gens qui se prennent trop au sérieux ». En cela, La Chinoise crée quelque chose comme un nouveau cinéma, à la mesure de l’événement Mai 68 qui s’annonce, elle préfigure en cinéma l’esprit tranchant, la brutale rupture joyeuse que Mai portera dans les rues. Deleuze parle de Mai 68 comme d’un « phénomène de voyance » - une société aurait vu, tout d’un coup, ce qu’elle contient d’intolérable -, et dans le cas de 68 comme de 2012, l’enjeu pour le cinéma reste de trouver les formes justes pour partager cette vision.

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Ruptures (Groupe Épopée, 2016)

Juste donner la parole

Ruptures, quant à lui, choisit face à l’ampleur de l’évènement de faire le geste le plus simple mais un des plus difficiles au cinéma : il accepte de donner la parole. Il laisse le bâton de l’énonciation entre les mains de celles et ceux qui ont répondu à l’appel, et les laisse déployer leur vérité, leurs récits, leurs fabulations. Sans adoucir, sans juger ou contre-balancer. Tous les lieux-communs de la « distance critique » entre le sujet et le cinéaste tant célébrée en ce qui concerne Ceux qui font les révolutions, sont ici congédiés. De toute façon, une posture « sans complaisance » face à un tel événement sera toujours déjà une prise de parti pour l’ordre des choses. Ruptures choisit de partir « de là » : là où sont les grévistes, de leur colère, leurs déceptions, leurs larmes et leurs joies. Leur passion politique n’a pas à s’expliquer, elle est l’évidence à partir de laquelle ils viennent à notre rencontre.

Après tout, n’était-ce pas la principale répression du traitement médiatique en 2012 que de capitaliser sur les images tronquées des « radicaux » (masqués, violents) sans jamais leur laisser la parole. Encore une fois, ce que Deleuze dit de 68 s’applique aussi bien à 2012 au Québec : la puissance de transfiguration de la subjectivité du mouvement a été littéralement écrasé par la réaction. Une réaction non pas contre son contenu politique manifeste, mais contre son injonction entêtée à transformer l’existence dans l’immédiat. Et cette réaction-là est venue aussi bien de la gauche que de la droite. C’est bien là que se distinguent fondamentalement Ceux qui font les révolutions et Ruptures : Denis et Lavoie identifient correctement la question que la grève adresse mais ne peuvent s’empêcher d’être réactionnaires à son égard, l’intransigeance gréviste se retourne aussi bien contre eux. Ruptures, au contraire prend acte de cet appel, se met à son service, et par là maintient l’ouverture de l’événement. Ruptures offre un espace d’énonciation digne de ce nom à ce qui venait au monde et de laquelle la majorité ne voulait rien entendre. Et cinq ans plus tard, son existence sonne comme une revanche : un espace où peuvent se « démasquer », en toute confiance, les plus engagées, les plus réprimés du mouvement.

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Fraction (Groupe Épopée, Installation présentée à la Cinémathèque québécoise, 2016) (photo : Marjolaine Lord)

Ruptures a été présenté à la cinémathèque sous la forme d’une installation nommée Fraction. Le seul matériel visuel de Ruptures est le visage, qui devient ici surface d’inscription de l’expérience collective. Chaque expression, chaque mimique, chaque sourire ou regard perdu fait signe vers ce transindividuel. Évidemment, on pourra lui reprocher de laisser encore trop de place à l’individu, et de rendre plus fidèlement la déception et la colère que les montés en puissance. Pour cela, il y a l’autre côté du mur, Insurgence, qui suit les essaims nocturnes, les chorégraphies de groupe. Sa bande son accompagne les entrevues avec ses effets de contagion de slogans, ses cris, ses solos de colère, ses trompettes, et permet de faire tenir dans le même espace-temps ces deux moments pourtant disjoints. Syncopage du « maintenant » des manifestations et avec le « post » du témoignage.

Encore une fois, trouver les formes justes, à hauteur d’évènement. L’entreprise de Ruptures aurait facilement pu tomber du côté du pathos, ou de l’étude ethnologique. Mais l’œuvre, couplée à Insurgence, arrive à se maintenir de justesse sur cette mince ligne sans jamais trahir l’évènement. Ni psychologisation, ni dramatisation inutile. Elle ne fournit aucun élément biographique, pas même les prénoms. Parfois, les histoires particulières reviennent à l’avant plan. C’est alors comme si l’on se promenait à travers une manifestation et que l’on conversait avec ceux qui croisent notre route. Ils sont là, bien singuliers avec leur point de vue et leur expérience, et en même temps n’importe qui aurait tout aussi bien pu s’y trouver. Chaque parole compte moins en soi qu’elle ne devient exemplaire d’une variation possible à partir d’une expérience commune, mais chacune importe. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus fortement de l’interview des figures reconnaissables de la grève ; celle des quatre accusées pour les fumigènes du métro et celle de Maxence Valade, blessé à l’œil à Victoriaville. Nul attachement jaloux à leur histoire, nulle propriété sur l’événement qui les a pourtant marqués à jamais. Ce qui leur est arrivé aurait très bien pu arriver à d’autres. Leurs gestes appartenaient d’emblée à cette ligne de front commune, ils appartiennent à n’importe qui.

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Fraction (Groupe Épopée, installation présentée à la Cinémathèque québécoise, 2016)

Contrairement au film de Denis et Lavoie, l’installation Fraction ne prend pas le public en otage. Elle ne prend pas le parti de ce cinéma torture qui veut forcer le spectateur, comme on gave une oie. Dans la salle noire, chacun va et vient comme il veut. De toute façon, il serait bien difficile de visionner ces 4 heures d’entrevues en une fois. Ces paroles ont été là pendant un mois, elles se sont produites pour ceux et celles qui étaient là, parfois pour personne. Et dans leur répétition cyclique, elles ne cessaient d’insister contre l’étouffement de la grève.

La grève est une transformation du corps, de la perception même.

L’œuvre du groupe Épopée s’adresse à cette perception, à l’intelligence commune qui s’est créée dans le mouvement , à une capacité à ressentir à partir d’une ligne de partage qui passe dans chaque subjectivité affectée par la grève. Ruptures n’est pas un film démocratique - au sens libéral du terme. Il n’essaye ni d’expliquer, ni d’être représentatif, ni de faire preuve de parcimonie. Le petit nombre qui l’aura vu est très probablement composé de gens qui ont vécu ces affrontements, et concorde souvent avec qui sont interviewés dans le film. Cette intimité entre les protagonistes et le public n’est pas à déplorer, elle contribue au contraire à briser un des mythes les plus tenaces du cinéma : que le « vrai cinéma » ne peut se faire qu’à partir d’une position de surplomb et qu’il se destine à un public désintéressé. Lorsque leur fut demandé pendant une séance de questions pour qui ils avaient fait ce film, Denis et Lavoie n’ont rien trouvé à répondre d’autre qu’un « tout le monde » qui sonnait bien creux. Or, il n’y a rien de plus éloigné de l’expérience que cette neutralité, cette prétention de distance « critique » envers la polarisation totale que la grève produit.

Pierre Perrault, à propos de sa méthode documentaire, disait que sa place est celle de « l’intercesseur » ; celui qui laisse libre cours à aux récits de ses personnages, car ce sont ces récits qui inventent le peuple incertain duquel il se réclame. « Pour me dire il suffit de leur donner la parole », écrivait-il. Rien n’est plus étranger à cette noble conception que le nationalisme pesant de Ceux qui font les révolutions, qui au lieu de prendre acte de l’évident penchant anarchiste de 2012, préfère faire violence à l’évènement pour lui faire dire ce qui lui aurait été plus plaisant. En réduisant 2012 à son caractère de crise, en dépeignant ses protagonistes comme une jeunesse coincée entre les échecs du passé souverainiste et sa propre condition de « déraciné », dont l’élan vital tend à être rabattu sur des problèmes familiaux, Ceux qui font les révolutions ne peut qu’aboutir à un appel grossier à « l’achèvement » du problème de la nation québécoise. Or, s’il y avait bien un certain devenir-peuple dans le mouvement de 2012, ce n’était pas celui du Peuple Québécois et de ses destinées référendaires, mais celui-là même qui s’est reconnu dans les banderoles « Nous sommes le peuple qui manque » du mouvement contre la Loi travail au printemps dernier en France, ou celui qui a envahi les aéroports américains après le décret de Trump. Non pas peuple identitaire, forcément dépendant d’un État, même dans ses ambitions les plus solidaires, mais puissance de contagion par-delà les frontières, d’un ici et maintenant au plus loin des nostalgies du passé, un peuple qui se rencontre dans ses actes révolutionnaires.

Il n’y a là rien de surprenant, mais il reste cependant très parlant que Ceux qui font les révolutions ait pu bénéficier d’un financement somme toute confortable, alors que Ruptures n’a reçu aucune aide financière, et qu’il n’aurait jamais vu le jour si ce n’avait été du bénévolat de quelques dévoués. Tout aussi ironique est le fait que le film le plus apprécié par la presse et les festivals ait été le plus indigeste à la jeunesse gréviste, alors que l’existence de Ruptures passait sous les radars. Cette injustice institutionnelle n’a heureusement pas eu raison de cet effort, unique à notre connaissance. La vague que 2012 a soulevée continue sa trajectoire. En sourdine, dans l’obscurité, loin des affiches publicitaires. Après tout, c’est un indice que cet événement, 5 ans plus tard, n’est toujours pas digéré.

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