Hors Champ

septembre/octobre 2017

LES « DÉCOUVERTES » 2011 DE L’ÉQUIPE DE LA REVUE HORS CHAMP

par la rédaction
7 janvier 2012

Hors champ n’a jamais été féru de bilans de fin d’année, mais il nous a semblé qu’un petit rappel, très bref, partiel et partial, de ce qui s’est déroulé de glorieux et de moins glorieux cette année — en oubliant très certainement beaucoup de choses — ne ferait pas de tort à la mémoire.

L’année 2011 fut faste en surprise sur la planète cinéma, ainsi qu’à l’échelle de la petite province que nous y habitons. Soulignons, tout d’abord, la succession — et qui ne semble pas tarir — de départs à la Cinémathèque, qui ont culminé dans la démission inespérée de Yolande Racine, la directrice générale. Espérons seulement que l’actuelle direction (intérimaire) et celle qui lui succédera dans les prochains mois saura, à l’approche du 50e anniversaire de cette institution-phare, remettre le cap sur ce qui a fait la force et la richesse de ce lieu, à savoir sa participation amicale, généreuse et active au sein de la communauté cinéphilique, et qu’elle puisse renouer avec l’esprit de sa vocation et de sa culture. Espérons, surtout, que les pouvoirs publics prendront acte de la tâche colossale qui revient à la Cinémathèque, et qu’ils lui donneront, enfin, les moyens de ses ambitions, comme toutes les autres institutions québécoises (y compris cinématographiques) dont le financement a été bonifié ces dernières années. Il faut, par ailleurs, souligner le travail exceptionnel de l’équipe de la programmation (rétrospective Jean Epstein, mois du cinéma japonais, rétrospective Philippe Lesage, l’hallucinant programme de l’Histoire de l’animation en 50 films, et bien d’autres) qui a continué à donner une vitrine digne de ce nom à ce lieu auquel nous tenons. Saluons le départ de Pierre Jutras, qui a quitté ses fonctions de Directeur de la programmation, qui nous accordait un entretien cet automne et que nous publierons sous peu dans un dossier consacré à la Cinémathèque québécoise. À suivre…

Outre, les affaires de la Cinémathèque, il y eut bien entendu, après une série de cafouillages, de grenouillages, et un gâchis sans nom dont Daniel Langlois est le seul et unique coupable, la réouverture miraculeuse d’ExCentris. On espère qu’elle saura maintenir une programmation diversifiée et audacieuse, qu’elle retrouvera la confiance du public, et qu’elle continuera à présenter des films en pellicule ou que, du moins, elle ne se débarrassera pas de ses projecteurs comme la plupart des salles montréalaises l’ont fait cet automne, au profit du numérique (autre grand événement s’il en fut).

Il y eut aussi l’ouverture du Cinemaspace du Centre Segal, lieu-clé pour la découverture du cinéma expérimental de qualité à Montréal, qui nous a permis de voir des films et rencontrer des cinéastes exceptionnels depuis plus d’un an (Paul Clipson, Lewis Klahr, Janie Geiser, Jay Rosenblatt, Escarpment School), et qui continuera, cette année encore, de nous éblouir (on nous annonce une rétrospective Phil Solomon, un programme Brakhage, réalisé avec la revue Hors champ).

Nous avons assisté en fin d’année à un joyeux et stimulant débat, animé par plusieurs acteurs du milieu de la critique, sur le « renouveau » du cinéma québécois, et propulsé polémiquement — et très brillamment — par George Privet sur les pages de son excellent blog (autre « événement » 2011). Privet fut aussi celui qui souligna à raison l’inquiétante absence de débat autour du film Laurentie de Mathieu Denis et Simon Lavoie, un « film-événement » qui a pourtant fait débat au sein de notre rédaction et de plusieurs autres, même si ce débat ne s’est pas porté aussi loin qu’on l’aurait souhaité. Cela viendra...

Et il y eut, bien entendu, des films, souvent vus dans des éditions relevées de nos festivals montréalais : les RVCQ, les RIDM, le FNC, qui nous ont donné la chance de faire de grandes et belles découvertes. Ce sont ces découvertes de l’équipe de la rédaction que le lecteur trouvera ci-dessous, qui viennent confirmer les coups de maître de l’année (sans surprise, Tree of Life - voir l’article d’André Habib Du Nouveau, Melancholia, Once upon in Anatolia) mais aussi ouvrir des pistes vers des horizons moins connus, à des films invisibles que nous avons eu la chance de glaner, ici ou ailleurs.

Toute l’équipe vous souhaite de joyeuses découvertes en 2012.

Bon cinéma !

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Melancholia, Lars von Trier, 2011.


Nicolas Renaud

Il était une fois en Anatolie (Nuri Bilge Ceylan, 2011)
Le amiche (Femmes entre elles) (Michelangelo Antonioni, 1955)
Cave of Forgotten Dreams (Werner Herzog, 2010)
Sympathy for Mr Vengeance (Chan Wook-Park, 2002)
Titicut Follies (Frederick Wiseman, 1967)
Cowboy and Indian (Don Owen, 1973)

— 

Serge Abiaad

Putty Hill (Matthew Porterfield, 2011)
Hors Satan (Bruno Dumont, 2011)
Une séparation (Asghar Faradhi, 2011)
Lucebert, temps et adieux (Johan Van Der Keuken, 1994)
Finis Terrae (Jean Epstein, 1929)
Sombre (Philippe Grandrieux, 1998)
The Passion of Anna (Ingmar Bergman, 1969)
L’amour fou (Jacques Rivette, 1969)
Hands Up ! (Jerzy Skolimowski, 1981)
Lonely Are the Brave (David Miller, 1962)

Autres mentions :
Plastic Bag (Ramin Bahrani, 2010)
La queue tigrée d’un chat comme un pendentif de pare-brise (Jean-Claude Bustros, 1989)
Elgar (Ken Russell, 1962)
L’évaporation de l’homme (Shohei Imamura, 1967)
Yeelen (Souleymane Cissé, 1982)

— 

Pierre Barrette

The Tree of Life (Terrence Malick, 2011)
Marécages (Guy Édoin, 2011)
Biutiful (Alejandro Gonzalez Iñarritu, 2011)
Le vendeur (Sébastien Pilote, 2011)
Midnight in Paris (Woody Allen, 2011)
Monsieur Lazhar (Philippe Falardeau, 2011)
Le Doulos (Jean-Pierre Melville, 1962)
The Pirate (Vincente Minnelli, 1948)
Duel in the Sun (King Vidor, 1946)
The Lady Eve (Preston Sturges, 1941)

— 

Apolline Caron-Ottavi

The Tree of Life (Terrence Malick, 2011)
Habemus Papam (Nanni Moretti, 2011)
Once Upon A Time in Anatolia (Nuri Bilge Ceylan, 2011)
Melancholia (Lars von Trier, 2011)
Shame (Steve McQueen, 2011)

Et quelques découvertes parmi d’autres :

Primate (Frederick Wiseman, 1974)
Badlands (Terrence Malick, 1973)
A Matter of Life and Death (Michael Powell, Emeric Pressburger, 1946)
Fish Tank (Andrea Arnold, 2009)
The Miners Hymn (Bill Morisson, 2011) précédé de Diane Wellington (Arnaud des Pallières, 2010) - FNC 2011

— 

Antoine Godin

Le Cheval de Turin (Béla Tarr, 2011)
Tree of Life (Terrence Malick, 2011)
Melancholia (Lars Von Trier, 2011)
Midnight in Paris (Woody Allen, 2011)
The School of Seeing, World/Time (Gustav Deutsch)
Le Diable probablement (Robert Bresson 1977)
La Voie lactée (Luis Buñuel 1969)
Le goût du saké (Yasojiro Ozu 1962)
Harakiri (Masaki Kobayashi 1962)
Rebel Without a Cause (Nicholas Ray 1955)

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André Habib

Tree of Life (Terrence Malick, 2011)
Melancholia (Lars Von Trier, 2011)
Épopée - l’état du moment (Rodrigue Jean et Hubert Caron Guay, 2011)
Hors Satan (Bruno Dumont, 2011)
L’étrange affaire Angelica (Manoel de Oliveira, 2010)
Cave of Forgotten Dreams (Werner Herzog, 2010)
Tributes – Pulse (Bill Morrison, 2011)
Ce coeur qui bat et les films de Philippe Lesage découverts lors de la rétrospective à la Cinémathèque québécoise (Pourrons-nous vivre ensemble ?, 2006, Comment savoir les petits poissons sont heureux, 2009)
Copie conforme (Abbas Kiarostami, 2010)
Laurentie (Mathieu Denis, Simon Lavoie, 2011)

Quelques découvertes :
Coeur fidèle (1923) et Finis Terrae (1928) (Retrospective Jean Epstein, Cinémathèque québécoise)
Print Generation (J. J. Murphy, 1974) (FNC, dans le cadre des programmes présentés par Marc Toscano qui furent tous des découvertes)
Black Film Series (Aldo Tambellini, 1965-1969)

Mention plaisir coupable :
Super 8 (J.J. Abrams, 2011)
Hugo (Martin Scorsese, 2011)

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Once upon a Time in Anatolia, Nuri Bilge Ceylan, 2011.

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