Hors Champ

septembre/octobre 2017

CARTE BLANCHE À HORS CHAMP

Du 2 avril au 18 mai à la Cinémathèque québécoise

par André Habib, Nicolas Renaud, Simon Galiero
30 mars 2008

Voilà maintenant 12 ans que la revue en ligne Hors champ propose des réflexions sur le cinéma et les médias. Nous voulions faire le point sur ce parcours et la Cinémathèque québécoise a généreusement consenti à nous offrir un peu de place pour présenter quelques programmes et rencontres de notre cru. À partir de quelques-uns des thèmes et des préoccupations qui ont traversé la revue au fil des ans, nous avons choisi des films qui peuvent en refléter une part significative, quoique forcément incomplète et imparfaite. Cela n’aurait pu se faire sans organiser également quelques rencontres sous forme de tables-rondes avec des cinéastes et des intellectuels qui connaissent notre travail et nous ont accompagné de toutes sortes de façons. Il s’agissait en fait pour nous d’un prétexte pour découvrir ou redécouvrir quelques joyaux cachés des collections de la Cinémathèque (Cuba Si !, While the City Sleeps, Le cochon, Cet obscur objet du désir), des films qui n’ont jamais ou très rarement été projetés à Montréal (The White Diamond, Chinese Series, Persian Series, Highwater Trilogy, etc.), du plaisir de voir des copies nouvellement restaurées (Johnny Guitar, La maison est noire), de revoir des œuvres qui nous ont profondément marqués et ont nourri nos pages (Close-up, La bête lumineuse, Il ne faut pas mourir pour ça, Lyrical Nitrate), ainsi que de revivre l’émulsion avec des gens qui nous stimulent et nous inspirent. Cela s’inscrit certainement dans une communauté d’esprit qui nous lie quant au sens des images dans nos vies, et dans une collégialité qui nous a toujours motivés à travailler de pair. Nous espérons que nos réflexions, nos questionnements, nos coups de cœur et nos coups de gueule puissent trouver ici un prolongement en compagnie du public, dans ce lieu auquel nous sommes tant attachés.

Hors champ reçoit le soutien du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts de Montréal.

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Programmation complète

Toutes les projections ont lieu à la salle Claude-Jutra et les ateliers de discussion ont lieu au Café-Bar : Cinémathèque québécoise, 335, boul. De Maisonneuve Est
Montréal, Tél. (514) 842-9768 / info@cinematheque.qc.ca


Mercredi 2 avril, 17 h

Atelier de discussion 1 : Cinéma
Un atelier de discussion autour des enjeux de la création et de l’esthétique du cinéma qui ont été soulevés dans Hors champ au fil des ans. En compagnie de Bernard Émond, Sylvain L’Espérance et Jean Pierre Lefebvre. La discussion sera animée par Serge Cardinal. ENTRÉE LIBRE.

Vendredi 4 avril, 18 h

Atelier de discussion 2 : Médias et sociétés
Évocation des différentes réflexions et prises de position autour des médias et des considérations philosophiques, sociologiques et politiques qui ont vu le jour à l’intérieur de cette section de la revue. En compagnie de Pierre Lefebvre (revue Liberté) et de Pierre Barrette (critique et enseignant) et Michel Pichette (critique et enseignant). La discussion sera animée par Serge Cardinal. ENTRÉE LIBRE


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La maison est noire (Forough Farrokhzad, 1962)

Jeudi 3 avril, 20 h 30

La maison est noire (Khaneh siah ast)
Réal. : Forough Farrokhzad [Iran, 1963, 20 min, v. o. persane, s.-t. fr., copie 35 mm restaurée]
La maison est noire est l’unique film de Forough Farrokhzad, la plus célèbre poétesse iranienne du XXe siècle, tourné dans une léproserie à Tabriz, dans le nord de l’Iran. Repris le dimanche 6 avril, 19 h.

SUIVI DE

Close-Up (Nema-ye Nazdik)
Réal. : Abbas Kiarostami [Iran, 1990, 100 min, v. o. persane, s.-t. angl.] avec Hossein Sabzian, Mohsen Makhmalbaf, Abolfazl Ahankhah, Mehrdad Ahankhah.
Close-up, film absolument unique dans la filmographie d’Abbas Kiarostami, se déploie à partir d’un fait divers : un homme subit un procès pour avoir escroqué une famille en se faisant passer pour Mohsen Makhmalbaf. À la frontière entre le document et la fiction, entre la " poésie des choses ordinaires " et un regard juste sur la cruauté du monde, Farrokhzad et Kiarostami ont signé, à 30 ans d’intervalle, les deux plus beaux films du cinéma iranien, en découvrant, tout simplement, la bonne distance à partir de laquelle la réalité se laisse regarder. » (André Habib). PRÉSENTÉ PAR SHAHIN PARHAMI ET A. HABIB. Repris le dimanche 6 avril, 19 h.


Vendredi 4 avril, 16 h

La Nahanni
Réal. : Donald Wilder [Can., 1962, 18 min, v. fr.]
« Malgré sept échecs et les dangers qui ont coûté la vie à d’autres avant lui, Albert Faille, 73 ans, tente à nouveau d’atteindre l’amont de la majestueuse rivière Nahanni, dans les Territoires du Nord-Ouest. Il demeure convaincu d’y trouver les riches filons d’or dont parle la légende. Une rare occasion de voir sur 35 mm ce court film éblouissant, un classique méconnu du cinéma canadien. » (Nicolas Renaud) Repris le samedi 5 avril, 21 h.

SUIVI DE

The White Diamond
Réal. : Werner Herzog [All., 2004, 90 min, v. o. angl. et all., s.-t. angl.]
« Aux abords d’une puissante chute abritant une caverne, l’ingénieur Graham Dorrington est en expédition au cœur de la Guyane pour tester son prototype de petit dirigeable silencieux. Mais son désir de s’arracher à la gravité doit combattre le poids de la culpabilité, lors d’une tragédie survenue avec son invention précédente. Toujours unique par sa façon de puiser dans la réalité des images sorties du rêve, Herzog retrouve ici une parfaite incarnation des personnages et des thèmes qui ont habité ses plus grands films depuis les années 1970. » (Nicolas Renaud) PRÉSENTÉ PAR N. RENAUD. Repris le samedi 5 avril, 21 h.

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The White Diamond (Werner Herzog, 2004)

Vendredi 4 avril, 20 h 30

Programme expérimental : Mouvements de matière
Mothlight réal. : Stan Brakhage, É.-U., 1963, 3 min, muet ; Persian Series 13-18 réal. : S. Brakhage, É.-U., 2001, 10 min, muet ; Chinese Series réal. : S. Brakhage, É.-U., 2003, 2 min ; To Lavoisier Who Died in the Reign of Terror réal. : Michael Snow, Can., 1991, 53 min, sans dial. ; Highwater Trilogy réal. : Bill Morrison, 2006, 31 min, sans dial.

« Les films de Brakhage, Snow et Morrison ont donné lieu à plusieurs articles et entretiens dans Hors champ. Nous avons donc décidé de rassembler ces trois noms majeurs du cinéma expérimental d’hier et d’aujourd’hui, en présentant des œuvres qui ont été peu vues, ou qui n’ont carrément jamais été présentées à Montréal (c’est le cas des derniers Brakhage), en partant d’une thématique générale : celle du film comme matière, comme mémoire, comme mouvement, comme expérience du temps et de perception. » (André Habib) PRÉSENTÉ PAR KATHERINE JERKOVIC ET A. HABIB.

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To Lavoisier who died in the Reign of Terror (Michael Snow, 1991)

Samedi 5 avril, 21 h

Nahanni
Réal. : Donald Wilder [Can., 1962, 18 min, v. fr.]
Voir le vendredi 4 avril, 16 h.

SUIVI DE

The White Diamond
Réal. : Werner Herzog [All., 2004, 90 min, v. o. angl. et all., s.-t. angl.]
Voir le vendredi 4 avril, 16 h.


Dimanche 6 avril, 19 h

La maison est noire (Khaneh siah ast)
Réal. : Forugh Farrokhzad [Iran, 1963, 20 min, v. o. persane, s.-t. fr., copie 35 mm restaurée.]
Voir jeudi 3 avril, 20 h 30.

SUIVI DE

Close-Up (Nema-ye Nazdik)
Réal. : Abbas Kiarostami [Iran, 1990, 100 min, v. o. persane, s.-t. angl.]
Voir le jeudi 3 avril, 20 h 30.

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Close-Up (Abbas Kiarostami, 1990)

Mercredi 9 avril, 20 h 30

Le Train du Labrador
Réal. : Arthur Lamothe [Qué., 1967, 27 min]
« Devant réaliser un épisode pour une série sur les trains du monde, Arthur Lamothe choisit d’embarquer sur le train reliant Sept-Îles à Schefferville, avec l’intuition de filmer les Amérindiens qui regardent passer les wagons transportant le minerai extrait de leur sol. Au-delà de la dimension politique et ethnographique du cinéma de Lamothe, ce film nous rappelle que la force de l’œuvre repose aussi sur la recherche d’états de grâce à travers l’objectif d’une caméra. » (Nicolas Renaud)

SUIVI DE

¡Cuba sí !
Réal. : Chris Marker [Fr., 1961, 55 min, v. o. fr.]
« Pour percer le mur de la désinformation sur Cuba, Chris Marker va saisir la vibration et les aspirations de la société cubaine au lendemain de la révolution. Musique, danse, baseball, menace d’invasion, Noël, culture, discours de Castro… Un riche et magnifique documentaire sur un épisode capital de l’histoire moderne, animé par la fièvre du moment, par le rythme et la précarité d’une société en profonde mutation. » (Nicolas Renaud) PRÉSENTÉ PAR N. RENAUD.


Jeudi 10 avril, 20 h 30

Il ne faut pas mourir pour ça
Réal. : Jean Pierre Lefebvre [Qué., 1967, 76 min] avec Marcel Sabourin, Monique Champagne, Suzanne Grossman. « Il ne faut pas mourir pour ça est l’un des films de fiction québécois les plus méconnus et sous-estimés. En 1966, alors que le cinéma québécois est en pleine effervescence, Lefebvre réalise en quelques jours un long métrage d’une unité et d’une assurance remarquables. Autour d’un Marcel Sabourin fascinant de naturel et de lasciveté, le film se construit peu à peu sous nos yeux avec l’impertinence d’un cinéma moderne, frondeur et suave ainsi que la profondeur d’une tragicomédie trouvant son inspiration aux sources de l’existentialisme. » (Simon Galiero) PRÉSENTÉ PAR S. GALIERO ET J. P. LEFEBVRE.

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Il ne faut pas mourir pour ça (Jean-Pierre Lefebvre, 1967)

Vendredi 11 avril, 18 h 30

Bits and Pieces, no. 137-151
Réal. : Inconnu [16 min à 18 i/s, muet]

SUIVI DE

Essence d’Absynthe
Réal. : Yervant Gianikian, Angela Ricci-Lucchi [It., 1981, 13 min, muet]

SUIVI DE

Lyrical Nitrate
Réal. : Peter Delpeut [P.-B., 1991, 50 min] avec Lyda Borelli, Henny Porten, Anni Timm.

« Comment aménager les restes, les chutes, les fragments - parfois anonymes, parfois en ruines - des premiers temps du cinéma ? Comment redonner à voir, dans leur singularité, leur étrangeté, leur somptuosité, ces objets d’un autre temps, d’une autre histoire ? Delpeut - à partir du fond de films nitrate teintés du distributeur hollandais Jean Desmet -, Gianikian et Ricci-Lucchi - à partir d’un film pornographique Pathé Nathan du début du siècle -, ainsi que les Bits and Pieces - collages aléatoires de fragments anonymes dormant dans les réserves du Filmmuseum à Amsterdam - offrent quelques étonnantes possibilités de réponse. » (André Habib) PRÉSENTÉ PAR A. HABIB.

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Lyrical Nitrate (Peter Delpeut, 1990)

Samedi 19 avril, 19 h

Johnny Guitar
Réal. : Nicholas Ray [É.-U., 1954, 110 min, v. o. angl., s.-t. fr.] avec Joan Crawford, Sterling Hayden, Mercedes McCambridge. « Johnny Guitar est une œuvre née de l’épure des grands westerns classiques, dont la « ligne claire » s’inspirant souvent des fondements de la tragédie grecque a révélé au cinéma l’une de ses possibilités les plus simples et profondes, dévoilant le spectacle halluciné du point de rencontre entre la morale des êtres et des territoires qu’ils foulent de leurs pieds. Nicholas Ray (avec l’aide du talentueux Philip Yordan au scénario) y ajoute une audace formelle avec, entre autres, l’emploi de couleurs inusitées digne d’un peintre moderne et la mise en scène d’une ambiguïté romanesque révélant la violence et le trouble d’une société au cœur du maccarthysme. » (Simon Galiero) PRÉSENTÉ PAR S. GALIERO. Repris le dimanche 20 avril, 17 h.

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Johnny Guitar (Nicholas Ray, 1954)

Dimanche 20 avril, 17 h

Johnny Guitar
Réal. : Nicholas Ray [É.-U., 1954, 110 min, v. o. angl., s.-t. fr.]
Voir le samedi 19 avril, 19 h.


Dimanche 4 mai, 17 h

Paris à l’aube
Réal. : Johan van der Keuken et James Blue [Fr., 1957-1960, 9 min, sans dial.]
Étudiant à l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques) de Paris, Van der Keuken s’échappe avec deux camarades de classe pour filmer à la Bolex à ressort, la ville où il est venu apprendre le cinéma.

SUIVI DE

While the City Sleeps
Réal. : Fritz Lang [É.-U., 1956, 99 min, v. o. angl.] avec Dana Andrews, Rhonda Fleming, George Sanders.

« Rien ne lie Paris à l’aube de Van der Keuken - portrait en petites touches profondément ivensien de la capitale française - et While the City Sleeps de Lang - portrait brillamment pessimiste des États-Unis à l’ère de la télévision, qui, en s’intéressant à un tueur en série et à ses poursuivants antipathiques, permet de mesurer le chemin parcouru depuis M, entre l’Allemagne de Weimar et l’Amérique d’Eisenhower -, si ce n’est une association quelque peu ludique et facile entre deux titres, et la curiosité toute cinéphilique de voir se confronter des univers fortement opposés, mais qui font tous deux partie d’un cinéma qui nous importe. » (André Habib)

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While the City Sleeps (Fritz Lang, 1956)

Dimanche 11 mai, 17 h

Le Cochon
Réal. : Jean Eustache, Jean-Michel Barjol [Fr., 1970, 52 min]
« L’abattage d’un cochon et sa transformation en charcuterie chez une famille de paysans français. Les coréalisateurs ont chacun tenu une caméra pour décupler les points de vue, en face des événements filmés de façon brute, patiente et généreuse. Cette présence directe transmet la dureté de la mise à mort d’un animal, mais aussi l’intérêt et le respect pour une certaine grâce du quotidien, les gestes ritualisés et la transformation d’une chose en une autre. » (Nicolas Renaud)

SUIVI DE

La Bête lumineuse
Réal. : Pierre Perrault [Qué., 1982, 127 min]
« Un groupe d’amis se retrouvent le temps d’une chasse à l’orignal. Ce rituel entre hommes devient le lieu de la fraternité, de l’évasion du quotidien et de l’attente silencieuse en forêt, mais aussi de l’expérience de ses limites, des délires éthyliques et de la mise à l’épreuve des amitiés. Si nous tenons à ramener à l’écran ce film cru, intense et bouleversant de Perrault, c’est parce que chaque fois qu’on en refait l’expérience on y trouve immanquablement de nouvelles émotions, de nouvelles vérités et une admiration renouvelée. » (Nicolas Renaud) PRÉSENTÉ PAR N. RENAUD.

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La bête lumineuse (Pierre Perrault, 1982)

Dimanche 18 mai, 17 h

Cet obscur objet du désir
Réal. : Luis Buñuel [Fr.-Esp., 1977, 103 min, v. o. fr., s.-t. angl.] avec Fernando Rey, Carole Bouquet, Angela Molina. « Tout le génie de Buñuel tient en cet art de nous donner à voir sans rien nous montrer du doigt, de créer de surprenantes allégories en se riant des métaphores qu’il installe lui-même, de nous faire ressentir les choses tout en se jouant des apparences de cette morale des sentiments qui fait le miel de nos perceptions sociales les plus convenues. Pourtant, avec l’arrière toile du nihilisme contemporain et des attentats terroristes des années 1970 qui annonçaient une nouvelle ère, il ne cesse de révéler le monde à lui-même. À l’image du personnage de Fernando Rey, qui contemple de l’extérieur (et avec une insistance résignée) l’objet d’un désir qui n’existerait pas sans les barreaux qui l’empêchent d’y accéder. » (Simon Galiero) PRÉSENTÉ PAR S. GALIERO ET ANDRÉ HABIB.

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Cet obscur objet du désir (Luis Bunuel, 1977)

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