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  Médias et Société

Prélude télévisé au Sommet des Amériques

RADIO-CANADA ET LA DIVERSION MÉTHODIQUE


par Nicolas Renaud
2001, avril 17

 

Quelques jours avant la tenue du Sommet des Amériques à Québec, il est nécessaire de tenter de formuler le constat qui s'impose sur la couverture médiatique à ce jour.

Si ces observations trouvent une quelconque signification en étant tirées plus spécifiquement des nouvelles télévisées de Radio-Canada, c'est d'abord parce que, invoquant la responsabilité envers la société civile, il y a peu à espérer à ce niveau des chaînes privées. Si la rigueur journalistique peut exister ; si, autour d'un événement aussi déterminant, ce qui est d'intérêt publique peut être mis en lumière en dépit des diversions spectaculaires qui sévissent dans les médias, c'est de Radio-Canada que les Québécois peuvent l'attendre, du moins en théorie.

Tout d'abord, ce qui saute aux yeux, et qui n'est certainement pas exclusif à cette situation, c'est l'absence quasi totale de recherche de la part des journalistes sur les enjeux. On peut affirmer sans trop se tromper que de 70 à 80% de ce qui nous est dit aux nouvelles provient de communiqués de presse ou consiste en la retransmission des propos de représentants des forces policières, des gouvernements et des manifestants sur place (1). Donc d'une part, la parole est à ceux chargés de livrer des propos calculés, servant l'intérêt de certains groupes qui forment le pouvoir. Ceci est de la gestion d'opinion, non de l'information. D'autre part, lors de toute manifestation, de centrer l'expression de "l'autre point de vue" sur les deux mots d'un individu interpellé dans la rue se base sur l'assomption trompeuse qu'un témoin, que les brèves paroles de quelqu'un "qui y était", constitue l'une des perspectives les plus valides sur les questions débattues. C'est que dans tout reportage, ces "échantillons" ne sont pas secondaires à une exposition claire du sujet, ils en sont l'élément principal. Comment justifier, pour informer la population, la rigueur méthodologique du micro qui pointe ses cibles au hasard d'une foule de quelques centaines ou miliers de personnes ? Cette manière de faire peut être valide lorsqu'il s'agit de problèmes de moindre envergure, d'un litige spécifique entre deux groupes précis - patrons et syndicats, ou propriétaire de bar et bandes de motards - mais pas lorsqu'on prétend couvrir deux mois à l'avance une mutation des structures qui affectera irréversiblement les bases de l'économie, de la politique, des sytèmes sociaux, etc.

Les journalistes ne peuvent être érudits dans tous ces domaines, dira-t-on. Justement, on pourrait dresser une longue liste de noms, autant d'entrevues possibles qui aideraient à faire circuler les idées et l'information, des gens que les médias ignorent presque complètement ; intellectuels, enseignants, militants, artistes, écologistes, représentants d'organismes non gouvernementaux... Des gens qui à eux seuls représentent des sommes d'information plus vastes sur les enjeux que tout ce que peuvent donner les bulletins de nouvelle en une année. Mais de donner plus souvent la parole à des personnes jouissant d'une certaine "crédibilité professionnelle" serait déjà un pas de trop à l'encontre du principal objectif du pouvoir politique et économique à travers les médias : représenter l'opposition à la mondialisation sans frein comme étant marginale, violente et inarticulée. Lors d'une des nombreuses manifestations qui ont déjà eu lieu ces derniers temps, où 500 policiers en uniformes futuristes noires cernaient 200 manifestants pacifiques, le personnage principal pour la caméra de Radio-Canada fut un jeune punk, cheveux bleus et nez percé, qui écrivait quelque chose sur la rue en faisant une faute d'ortographe.

Manque de temps dira-t-on, et d'autres émissions et tribunes diverses peuvent assumer le rôle de traiter des questions de fond (en effet, à la radio, la première chaîne de Radio-Canada fait un travail très louable sur les enjeux du Sommet, RDI (la chaîne d'information continue de Radio-Canada) a aussi offert des entrevues pertinentes). Pas vraiment une affaire de temps toutefois, simple question de priorité et de plus, c'est le journal télévisé de 18h00 qui rejoint le plus grand nombre de téléspectateurs et à quoi bon leur montrer chaque jour des manifestants si on ne sait jamais clairement pourquoi ils protestent. D'ailleurs, les grands réseaux vantent constamment leurs bulletins de nouvelles pour "aller au fond des choses, nous aider à comprendre, surveiller pour nous ce qui est important...". Il est bien connu que si les instances du pouvoir laissent circuler de l'information dans les médias, la meilleure manière d'y diluer la contestation pourtant bien réelle chez la population, n'est pas de nous tromper ou de défendre leurs intentions, mais de créer une chaîne de diversions qui nous éloignent toujours plus de la possibilité de comprendre et de débattre des décisions politiques en jeu.

Ainsi, tandis que les raisons légitimes de s'opposer à certains contenus des discussions demeurent toujours en suspens aux nouvelles, on y a largement couvert tout ce qui est accessoire à l'événement ; un suivi à court terme sur des faits ponctuels et secondaires : l'érection du mur, son effet "esthétique", les guerres de drapeaux entre gouvernements fédéral et provincial, l'entraînement des policiers, les armes à balles de plastique, les ventes de masque à gaz dans une boutique de Québec, etc. On a même, le 10 avril, fait la principale capsule d'information sur le Sommet avec des commerçants de Québec qui se plaignent de leurs pertes de profit en raison du mur. Il faut être irrémédiablement bête pour faire de ce fait local une nouvelle d'avant-plan à une semaine du Sommet et ne pas en voir l'ironie : que se soient aux petits mercantiles de la rue Saint-Jean qu'on permette de s'indigner contre le périmètre de sécurité, mis en place pour qu'on y règle en cachette des accords tous guidés par la même logique de profit (mais qui justement visent à y faire disparaître les frontières - d'ailleurs les médias n'ont jamais saisi ce paradoxe symbolique : barrières entre les gens vs libre circulation des capitaux, des marchandises et des ressources).

Une grande partie de la couverture médiatique tourne évidemment autour de l'éventualité de la violence, du désordre. Surenchère de la violence : obsession de la sécurité ; phrase clé de la propagande : "vaut mieux se préparer au pire". À partir de cette idée, on peut couvrir en détail tous les aspects du déploiement des forces policières et des mesures de contrôle en les appréhendant comme justes et nécessaires. Les médias oublient souvent alors une vérité élémentaire : d'empêcher (ou certainement aussi de dissuader par la force) la protestation pacifique d'un groupe de citoyens (et ce sur les lieux impliqués) viole un droit constitutionnel. Sur ce fait, on aime bien aux nouvelles donner des chiffres sur le nombre d'arrestations, mais dans plusieurs cas on ne dit rien sur le motif, on ne mentionne pas non plus s'il y eu des actes de violence, n'est-ce pas parce que justement, et c'est un fait connu, il est de plus en plus courant d'arrêter des gens simplement parce qu'ils manifestent ? Qu'apprendra-t-on de plus finalement de la bouche des chefs de la police et du Ministre de la Justice - qui ont jusqu'ici été les acteurs principaux devant les caméras - sinon une répétition exacte de ce que le journaliste dit en introduction : 6000 policiers..., discipline..., ne s'agit pas d'intimidation..., etc. Et, encore une fois, en quoi ceci informe-t-il la population sur les réelles implications du Sommet pour l'avenir ? Les médias télévisés se permettent aussi des assemblages de propos et d'images qui semblent être pensés précisément pour empêcher de comprendre, de réfléchir, qui n'offrent que des rapprochements incohérents dans la perception de l'événement par les téléspectateurs. Trois fois, au cours du dernier mois, Radio-Canada a juxtaposé des images des policiers en préparation avec des images violentes des émeutes de la Coupe Stanley à Vancouver et celles de la Fête nationale à Québec. Comme si on pouvait justifier l'intervention policière de façon semblable dans tous les cas, comme si les mesures excessives du gouvernement pour dissuader une foule nombreuse qui se tient debout pour des idées sociales étaient légitimes en associant ce mouvement, en quelques secondes d'images-chocs, avec une bande de fans ivres frustrés par la défaite de leur équipe de hockey ou les jeunes du centre-ville de Québec en mal d'action le soir de la Saint-Jean Baptiste.

Bien sûr il y a des nuances à faire quant aux groupes de manifestants, il y a beaucoup d'éléments hétérogènes, des trouble-fêtes, différents degrés de rigueur dans les discours, mais il serait juste d'apporter ces bémols et contre-critiques seulement si on avait au préalable fait un effort pour mettre sur la place publique la réthorique qui s'y articule de façon beaucoup plus cohérente et approfondie que ce que les médias veulent bien laisser croire. Si, comme il n'y a pas très longtemps, les manifestants ne sont plus nécessairement dépeints comme étant l'incarnation d'un mal inexplicable à combattre, il faut voir comment les grands médias sont incapables de les représenter autrement qu'avec une sorte de sympathie paternaliste, attitude tout aussi efficace, même plus subtile, pour insinuer un dénigrement. La télévision aura montré cent fois des jeunes qui dansent en tapant sur des bouteilles de plastique, qui donnent des fleurs aux policiers, qui peignent leurs "jolies affiches", avant de laisser quelqu'un exprimer des idées plus de dix secondes.

C'est que les médias n'ont pas compris, ou sans doute refusent de comprendre, qu'il s'agit de deux visions du monde qui s'affrontent, des visions qui doivent être connues, expliquées. C'est ça la responsabilité des médias dans un état supposément démocratique où de grandes transformations sont en train de se faire par la force, par les pouvoirs économiques au service de qui les gouvernements (eux aussi en tant que pouvoir économique, plus du tout comme institution publique) sont de plus en plus sourds et arrogants envers la population qui les a élus. Mais les médias aiment bien jouer comme s'il s'agissait de Woodstock contre l'establishment, de peace and love et d'attendrissement naïf pour les pauvres, de fêtes foraines pour la liberté, avec les matraques et le poivre de cayenne qu'il faut pour remédier aux débordements.

Le Sommet et les manifestations, c'est un événement, un grand spectacle, et les médias redoublent d'ardeur pour réinstituer ce fait quand des fuites de contenu risquent de ramener la situation à ses enjeux réels. Par exemple, à Ottawa, les gens s'étaient massés au Parlement pour obtenir les textes de la ZLÉA, démarche on ne peut plus normale face au secret qui entoure cet accord, le message des manifestants était indiscutablement vrai à l'endroit du gouvernement qui dit ne pouvoir divulguer les textes sans l'accord des autres pays : "vous êtes responsables d'informer la population qui vous a élus avant de respecter des secrets avec vos partenaires d'affaire". Sentant que la réalité du problème risquait de faire émerger trop clairement une critique pourtant nécessaire et évidente du gouvernement, Radio-Canada a tout fait pour ramener la situation sous le chapiteau du cirque. Pendant la journée, un reporter était sur place pour témoigner tous les dix minutes : les manifestants avaient-ils pu entrer ou non ? Étaient-ils conscients que la police pouvait procéder à des arrestations ? (finalement : 87 arrestations sur environ 200 manifestants). Au bulletin de soirée, quel était le mot d'ordre des nouvelles de Radio-Canada, un mot justement lié au monde du spectacle ? Ce fut "répétition", c'était la dénommination officielle donnée à cette journée à Ottawa, une répétition pour le Sommet à Québec, répétition pour les manifestants ainsi que pour les policiers. Le geste anti-démocratique du gouvernement fédéral n'était plus qu'un fait marginal vite oublié, à en croire Radio-Canada, les manifestants ne s'étaient pas réunis à Ottawa pour défendre des principes, ils voulaient orchestrer une répétition avant de monter sur les planches du théâtre de Québec. Mais en fait, la tenue du sommet n'est-elle pas fondamentalement un spectacle dans sa raison d'être ? Les ententes entre les dirigeants et avec les intérêts privés ne peuvent-elles pas être discutées par tous les moyens de communication sans l'organisation gigantesque d'une telle rencontre ? Sans doute les accords sont-ils même déjà conclus en bonne partie. Le sommet est avant tout une entreprise de promotion de la mondialisation et de la ZLÉA, un événement médiatique, une vitrine publicitaire pour la ville et finalement le spectacle des manifestations et la démonstration qu'elles représentent un désordre qui doit être contenu par la force.

Sans recherche et mise en perspective de la part des journalistes, il est possible de laisser des gens s'exprimer brièvement, mais jamais leurs idées ne sont-elles éclairées pour leur pertinence à l'état réel des choses. Il s'agit plutôt de les attribuer aux différents groupes comme étant les "couleurs" de leurs équipes respectives, engagées dans un match de ping-pong organisé par la télévision elle-même. D'un côté l'équipe "manifestants" et ce qu'ils pensent, de l'autre l'équipe unie " politiciens-police-corporations " et ce qu'ils disent (pas toujours ce qu'ils pensent), et les coups doivent êtres rapides et directs. Mais pour le spectateur moyen (ne sachant trop moi-même ce que désigne ce terme), on s'entendra pour dire que des formules comme "la mondialisation est néfaste, agrandit l'écart entre riches et pauvres" etc., sont aussi générales, spéculatives et vides que "la mondialisation est inévitable, c'est pour le bien de tous...". Nous savons qu'il y a pourtant une grande quantité de gens qui s'informent, discutent, ont un point de vue, mais c'est avant tout cette masse critique de téléspectateurs mal informés et passifs que la télévision doit s'efforcer de maintenir dans l'ignorance, la confusion et la docilité. C'est aussi la toujours prétendue neutralité des médias qui s'applique ici, laquelle est en fait l'un des plus puissants moyens de persuasion et d'anesthésie des discours. En mettant ainsi simplement les deux visions côte à côte, sans parti pris trop clairement affiché, on sait très bien que sans recherche, sans explication, sans exemples, le discours d'opposition à la seule logique de profit, à la privatisation des biens publiques et des systèmes sociaux demeure marginalisé et confus face aux idéologies déjà inscrites dans le discours publique, professées par ceux qui y moussent leurs intérêts : globalisation inéluctable, privatisation ("partenariat"), nouveaux marchés, expansion de la "démocratie" comme vertu du commerce international dérèglementé, etc. Cette neutralité dans le combat entre David et Goliath est l'une des pires subjectivités par la démission, elle confisque sa fronde à David.

En ce sens, la plus grande diversion est certainement le refus du gouvernement de diffuser les textes. Les médias ne pouvaient demander mieux comme excuse pour ne pas toucher au contenu. Car en fait, si on voulait vraiment aider la population à comprendre, rien ne s'y oppose. On peut donner des exemples en observant les conséquences de l'ALÉNA sur le travail et l'environnement, en anticipant une poursuite des objectifs formulés lors des autres rencontres sur la mondialisation économique, la dégradation des systèmes de santé sous la pression des compagnies pharmaceutiques américaines et des firmes de recherche privées, les cas de plus en plus nombreux où une multinationale américaine conteste en cour les lois environnementales d'un autre pays et a gain de cause sous prétexte qu'il s'agit d'une entrave à la liberté de leurs activité, aux lois du libre marché, les contre-coups désastreux du virage productiviste en agriculture, la réorientation des programmes d'éducation auxquels se joint l'entreprise privée, etc. Bref, d'aider les gens au moins à comprendre le système dans lequel ils vivent : le néo-libéralisme, et dont la mondialisation, dans la forme qu'on lui fait prendre actuellement, en est l'accomplissement ultime.

À la fin, ce qui est grave et grandement malhonnête de la part des médias, c'est de ne même pas donner à la population la possibilité de prendre position sur des enjeux qui impliquent d'importantes conséquences, discutés lors d'une rencontre internationale qui a lieu ici, dans le mépris mal dissimulé des principes de la démocratie. Pourtant les contradictions, manigances et mesures excessives qui participent à l'organisation du Sommet et de ce qui va s'y discuter sont assez évidentes, ce qui laisse voir que les médias mettent souvent beaucoup plus d'effort à les contourner qu'à les soumettre à l'investigation. Trois questions importantes et plus générales doivent être formulées au terme de ces quelques observations. D'abord, comment appréhender un concept tel que la responsabilité des médias, comment adresser la critique, dans quelle mesure porter des accusations ? Où partager l'influence du pouvoir et l'autonomie des médias ; les intentions, partis pris idéologiques et les manières acquises de présenter l'information ? Comment dénoncer la complicité ou constater la simple instrumentalisation ? Le problème est certainement complexe et on doit en considérer les multiples origines et engrenages, par exemple revoir la matière et les méthodes des professions du journalisme et autres exercices des communications, jusqu'aux impératifs qui guident certains secteurs de la formation dans les universités. Ensuite, comment définit-on le statut d'une télévision comme Radio-Canada, dans ces liens sensibles avec les gestionnaires de l'opinion publique : pas vraiment un instrument directement à la main du gouvernement, comme ce contre quoi les gens sont descendus protester dans la rue en Russie, ni le profit corporatif et l'extrême standardisation tendancieuse des grands médias états-uniens. L'identité de Radio-Canada est maintenant sans doute quelque part entre les deux. Une société d'état, donc un financement du gouvernement, mais aussi un service publique ; une intrusion massive d'intérêts privés mais tout de même une différence observable dans certains contenus sérieux, la qualité du langage et parfois dans le rôle culturel, comparativement aux réseaux privés. Mais c'est aussi une société d'état sous un gouvernement néo-libéral qui agit de plus en plus comme une entreprise financière, et dans un monde où les médias sont de plus en plus le noeud d'un réseau de relations publiques plutôt qu'une réflexion indépendante et intelligible des affaires qui sont d'intérêt publique. Enfin, il faudrait aussi se demander pourquoi il y a si peu de parenté entre la télévision et la radio de Radio-Canada, cette dernière faisant généralement un travail beaucoup plus sérieux pour éclairer des sujets importants, sur un ton qui est même parfois radicalement différent de celui des nouvelles télévisées. Serait-ce que, sans avoir à compter sur la force des images, on demeure plus libre dans la formulation et la quantité d'information diffusée, et peut-être est-on aussi considéré par le pouvoir comme étant plus "innoffensif" ?

Finalement, une question qui émerge toujours de toute intention critique à l'endroit des médias, et qui ne peut se répondre par des statistiques, concerne la perception de l'auditoire, son degré de foi, bien qu'on ne puisse non plus concevoir les téléspectateurs comme un groupe homogène. Dans un sens, depuis les années 30, les tactiques du pouvoir pour étouffer la contestation à travers les médias a fait ses preuves, pourrait-on dire. Cependant, il ne faut pas non plus imaginer la majorité des téléspectateurs comme étant si stupides et faciles à berner, à réduire à la mysthification passive. Soit que la rationalité, la recherche d'information venant d'autres sources et la conscientisation générale puissent permettre de percevoir la réalité, et de s'y intéresser, au-delà de l'écran médiatique, ou, soit que les images répétées de l'omniprésence policière, à coups de matraque et gaz lacrymogènes, ainsi que le perpétuel patinage des discours politiques, finissent par provoquer une réaction qui ne rende plus le consentement aussi facile à obtenir.

 

Notes :

1) De nombreuses études montrent qu'aujourd'hui, en général, de 40 à 70 % de l'information diffusée par les médias provient des relations publiques. Voir Alex Carey, Taking the Risk out of Democracy, University of Illinois Press, Champaign, 1996. Cité dans Propagande, médias et démocratie, de Noam Chomsky et Robert W. McChesney, traduction Éditions Écosociété, Montréal, 2000.

 

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