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  Médias et Société
Bush

Bush
UNE ESQUISSE PHRÉNOLOGIQUE


par Nicolas Renaud
2001, janvier 04

Nous avons tous été bien éduqués à la règle qui proscrit de juger selon les apparences : personnes, lieux et situations ; soit, il faut repentir des perceptions biaisées et sombres ségrégationnismes. Tout de même, le monde des apparences donne ses signes à interpréter, et dans combien de situations s'entend-t-on à dire : "ça se lit sur son visage". Ainsi il faudrait plus souvent faire rendre à des visages leur vérité toute simple, sans être accusé de simplification et fascisme génétique par la culture pop de "l'habit ne fait pas le moine" et l'anémique déontologie intellectuelle.

Donc, du visage de George W. Bush, nouveau président des États-Unis, un physionomiste même le plus nuancé relèverait les traits d'un homme assez bête, voire vil sous quelque forme. Des petits yeux vides, mats ou réflecteurs fixes des flashes de caméra, des yeux de mélamine, sans variation d'éclat, sans nuances d'inspiration, qui semblent très peu mobiles dans leur contact avec le monde environnant. L'inclinaison des arcades sur les côtés peut s'avérer, dans plusieurs cas, typique de l'hébétude. Une bouche sommairement articulée, âpre, ciselée entre la tranchée militaire et le sourire du capital, témoin de l'inaptitude cérébrale à la parole fine et juste. Une charpente faciale rigide et rustre, obtue, qui n'interagit pas avec les yeux, caractéristique d'un cadre restreint des possibilités de la pensée. Une petite rougeur permanente au cou.

Un visage qui, rompu à l'entraînement de quelques énoncés simplifiés, sans caractère, peut se tendre aux caméras comme une enseigne de convenance, un logo arbitraire sans indice de signification. Un visage qui, bref, ne facilite pas la tâche des médias et stratèges des relations publiques, mais pourtant leur rend le plein exercice de leur pouvoir. Ils le font très bien - homme "sympathique", "simple", "près des gens", un "sens civique", un homme "d'action, de principes et non d'idées", etc. - composant l'image de la nation et de l'État sur le blue screen George W. Bush.

Bush : le roi du faciès

 

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