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______________________la grande virée de l'horreur |
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Halloween 1997 par Donato Totaro 1993 Hong Kong, Herman Yau-Lai-to The Untold Story: Bun Man est un dément film de tueur en série, à la Hong Kong. Ce qui implique des pointes d'humour noir et quelques escapades juvéniles (au poste de police). Heureusement, la comédie juvénile est vite oubliée lorsque la fin du film point à l'horizon. L'acteur sino-allemand Anthony Wong est (peut-être trop) convaincant dans son rôle de psychopathe: en comparaison, Hannibal Lecter a l'air d'un enfant d'école (c'est peu dire)... Dès les premiers gros plans de Wong, l'on voit son âme monstrueuse. Comme dans Henry: Portrait of a Serial Killer, on doute fort de la profondeur morale et psychologique de ses agissements assassins. Le réalisateur Lai-to bâti une trame narrative vicieuse qui joue avec les émotions du spectateur. Comme dans M de Fritz Lang, Lai-to réussit à rendre son tueur sympathique, tâche on ne peut plus difficile. Mais Lai-to ajoute un petit quelque chose à son film: il va encore plus loin que Lang. On voit le tueur commettre trois meurtres innommables; premièrement, il bat et met le feu à un collègue de travail (à Hong Kong); puis il poignarde dans l'oeil un autre collègue, qu'il le matraque à mort à l'aide d'une louche, le démembre (pour des étudiants en médecine) et en fait des "pains-au-porc" qu'il livre à la police!; le troisième meurtre est celui d'une femme louche de son environnement de travail qu'il bat vicieusement, qu'il viole avec des baguettes puis qu'il mutile et lui donne une forme de "pains-au-porc" (à la Sweeny Todd). Ce troisième meurtre, misogyne, sexuel et violent, frôle la barrière qui sépare l'horreur de l'exploitation sexuelle (la violence pouvant être narrative, thématique ou pour des raisons d'approfondissement du personnage). Vu que l'acte sexuel n'est pas érotisé, que le tueur ne semble pas en obtenir du plaisir, mais plutôt qu'il obéit à un impératif prophétique, je donne le bénéfice du doute à Tai-love. Jusqu'à présent, la foule se présente le tueur comme un monstre. Huit ans après le premier meurtre, le tueur déménage en Chine continentale et devient le propriétaire d'un restaurant, qu'il prétend avoir acheté de son propriétaire précédent, monsieur Cheng. Rapidement, la police découvre que la famille de Cheng n'a jamais quitté la Chine: monsieur Wong est maintenant considéré comme un homme louche et suspect. Afin qu'il se confesse, la police chinoise le harcelle psychologiquement et (surtout) physiquement. Elle le bat violemment au poste de police et le jette en prison, le frère de monsieur Cheng étant un de ses détenus. Il est de nouveau battu par le frère Cheng et sa bande dans la prison: attention au coeur sensible, cette volée est plus difficile à avaler que les trois premiers meurtres de monsieur Wong. Les tactiques brutales de la police se poursuivent à l'hôpital, où une infirmière se joint à la partie de plaisir sadique en ponctuant le derrière et le dos de Wong de piqûres (afin qu'il ne puisse pas dormir). Monsieur Wong avoue finalement ses crimes après ne pas avoir pu dormir pendant des jours. À ce point dans le film, le titre du long métrage devient ironique: La "untold story" est-elle celle des crimes affreux de Wong, ou la brutalité policière? Quand le spectateur ressent une certaine sympathie envers le tueur, bombardé de violence physique et psychologique, il avoue ses crimes et le réalisateur effectue un flasback de la mort de monsieur Cheng. Ce flashback brutal et noir n'est pas ponctué de retour au présent ni de comique pouvant alléger les scènes. On voit monsieur Wong tenir en otage mari, femme et cinq ou six petites filles. Il les attache et force le mari à le regarder pendant qu'il viole, défigure et tue sa femme. Il tranche ensuite la gorge d'une de ses filles avant de décapiter le reste de la famille, monsieur Cheng inclus, avec un couteau de boucher. Le sang et les morceaux de corps étant éparpillés, il "invite" la grand-mère, qui ne savait rien de ce carnage, et la matraque à mort! Cette scène n'est pas encore à mi-chemin que déjà, on a oublié la brutalité policière et la sympathie qu'on avait pour le tueur est disparue. Monsieur Wong se suicide finalement à l'aide d'un couvercle de métal qu'il a volé à un agent de police, la police devant expliquer les méfaits. Le film se termine sur un photogramme arrêté du tueur, aucune poursuite n'étant possible. On ne peut que penser aux agissements de monsieur Wong et de la police, ce qui n'est pas très réconfortant, considérant l'ensemble du film! |
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la grande virée de l'horreur______________________ |