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______________________la grande virée de l'horreur |
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Halloween 1997 par Donato Totaro 1994, écrit et réal. par : Wes Craven; direction photo: Mark Irwin, effets spéciaux: William Mesa dist: Heather Langenkamp, Wes Craven, Robert Englund, John Saxon Le titre peut porter à confusion, mais le visionnement vient confirmer qu'il s'agit là d'une référence précise et intelligente au déroulement réflexif de l'intrigue. C'est de loin le meilleur Freddy depuis l'original de 1984 et seulement une nouvelle comparaison saurait départager les deux films. Sans aucun doute, Craven a su toucher un nerf sensible avec son mythique faiseur de rêve, Freddy, et la troublante ligne qui sépare la réalité du rêve. Cette nouvelle tentative se démarque des suites précédentes en approfondissant le mythe du film lui-même. L'original était un «teen nightmare», un monde dans lequel les adultes étaient des gardiens incapables et inefficaces, et des adolescents en plein contrôle de leur destinée. La jeune héroïne du premier épisode est devenue maman, et le cauchemar revient, mais cette fois c'est une autre histoire. La peur travaillée de Craven frappe à deux niveaux : 1) une version renouvelée de Hansel & Gretel qui verra dans la scène finale le fils de Langenkamp se cacher dans un poêle pour éviter de justesse la mâchoire de serpent de Freddy, 2) et des peurs réelles d'adultes. Heather interprête son propre rôle (elle-même), une actrice mariée à un technicien d'effets spéciaux. Elle fait face à la famille monoparentale alors que son mari meurt dans un accident d'auto (peut-être causé par Freddy). Son deuil sera écourté puisqu'elle se voit aussitôt occupée par le déclin de son fils dans un état schizophrénique (causé par Freddy...) Le film travaille intelligemment l'idée du film à l'intérieur du film. Heather Langenkamp, le producteur Robert Shaye, Wes Craven, Robert Englund et John Saxon jouent tous leur propre personnage (une scène nous montre Heather qui rend visite au producteur. Ce dernier lui offre un rôle dans le film que nous sommes en train de regarder !). Heather est le premier personnage à entrer dans la réalité fictive de la série des Nightmare et John Saxon la rejoint à la fin pour recréer la conclusion originale, alors qu'il joue son père/capitaine de police. Englund, qui recrée Freddy, est à un autre niveau puisque le texte rapporte à plusieurs reprises qu'il s'agit d'un «différent» Freddy, plus sombre et méchant. (Comme en témoignent les toiles d'Englund.) Dans un sens, le film se contredit lui-même. Craven, qui est en train d'écrire le film comme il le rêve (donc, le titre), explique que Freddy est pris dans un monde de rêve par un «bon film» (petites flèches aux suites précédentes). Mais si c'était un bon film, ne se nie-t-il pas lui-même ?Le film, qui se déroule à Los Angeles, incorpore clairement le tremblement de terre de L.A. dans son histoire en l'utilisant comme métaphore pour la ligne de démarcation pâlissante entre rationnalité et folie (Heather s'inquiète de la folie de ses ancêtres), la vie et la mort, (Freddy),et entre la réalité et le rêve. C'est clairement démontrer dans la scène où Heather revient à la maison après être aller reconduire son fils à l'hôpital et nous sommes témoins d'images de destruction et de débris (dans une combinaison de plans subjectifs et objectifs). Le film s'ouvre sur un gros plan de Freddy bâtissant sa fameuse main de fer dans son dongeon infernal. Le point culminant du film à lieu au même endroit. Heather Langenkamp, qui porte le film dans un rôle difficile, entre dans le monde de rêve de Freddy pour sauver son fils. En restant dans l'optique du film questionnant le cinéma comme métaphore du rêve, le dernier plan du film, un travelling à reculons fixant la porte de chambre d'Heather une fois son retour victorieux du monde de rêve de Freddy, vient rendre l'équivalence cinématographique de l'éloignement du monde de rêve/narratif. |
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la grande virée de l'horreur______________________ |