Quand Michael Cimino ne sera plus…
RÉFLEXIONS SUR LA POSTÉRITÉ D’UN PEINTRE DE LA NATION AMÉRICAINE
Si la lucidité est le privilège des grands, nul doute que Michael Cimino préfèrera l’oubli le plus noir au pâle souvenir que laissera sa carrière dans la mémoire du public. En effet, la consultation des dictionnaires, des journaux et des myriades de documents que recèle Internet ne laisse guère d’illusions sur sa postérité. De son travail, on retient essentiellement un premier long-métrage initié par Clint Eastwood (Le canardeur (1974)), un « chef d’ œuvre » prétendument consacré à la guerre du Vietnam (Voyage au bout de l’enfer (The Deer Hunter) (1978)), puis, une « longue déliquescence », symbolisée d’ abord par quelques « films mineurs » (Le Sicilien (1987), The Desperate Hours, (1990), The Sunchaser , (1996)), ensuite, par une « caricature raciste des sino-américains » (L’année du dragon (1985)) et enfin, par un naufrage commercial sans précédent (La porte du paradis (Heaven’s Gate) (1980)), qui entraîna la faillite retentissante de la mythique société de production United Artists [1].
Certes, l’itinéraire de Michael Cimino fut indéniablement chaotique : l’implacable vérité des chiffres et sa discrétion sur les écrans de cinéma en témoignent. Ajoutons que la langueur toute romanesque de ses récits, qui peignent par petites touches des situations complexes et des personnages nuancés, requiert une patience et une attention qui ne facilitent guère la compréhension du spectateur, habitué à des scénarios plus démonstratifs, fondés sur des combinaisons narratives aisément déchiffrables.
Cependant, ne voir en Michael Cimino qu’un mégalomane déchu par sa propre démesure serait aussi injuste que réducteur. Au-delà des caricatures que son œuvre a suscitées, ce réalisateur singulier s’est en effet distingué par son exceptionnelle aptitude à reconstituer des périodes historiques [2] et à restituer sans excès la quintessence des sentiments humains. Conteur de tout premier ordre, il a également démontré son sens inné de l’intensité dramatique, en mettant en scène des héros tragiques, déchirés par les puissances contradictoires de l’existence [3]. Esthète raffiné, dont le talent photographique n’est pas sans rappeler celui de Stanley Kubrick ou de Terrence Malick, il a enfin fait preuve d’une constance thématique qui ne laisse planer aucune incertitude sur sa qualité d’auteur. Les sujets qu’il aborde sont d’ailleurs si profonds et variés que chacun mériterait un examen spécifique (les rapports de l’Homme à la Nature, la force, la violence, l’amitié, la mort…). Néanmoins, l’un d’entre eux mérite une attention particulière. Cette question très délicate, qui traverse toute l’œuvre de Michael Cimino et explique l’essentiel des malentendus dont ce dernier a été victime, c’est la Nation américaine.

- Heaven’s Gate (1980)
On objectera non sans raison que le cinéma s’est maintes fois penché sur cette entité fascinante. Ainsi, dès 1915, le pionnier David Wark Griffith lui a consacré un film qui, aujourd’hui encore, demeure une référence pour tous les passionnés du Septième Art [4]. Depuis, les plus grands lui ont dédié tout ou partie de leur œuvre. Ce fut notamment le cas de John Ford, de Martin Scorsese [5] ou bien de Paul Thomas Anderson, dont le grandiose There Will Be Blood (2007) propose une lecture très nietzschéenne et subséquemment, très subversive, des premiers âges de l’Amérique industrielle. Toutefois, Michael Cimino apparaît comme l’un des plus fins observateurs de cette collectivité, dont la dimension onirique occulte souvent les caractéristiques réelles.
Tel un lointain cousin d’Alexis de Tocqueville [6], le cinéaste a en effet conçu, sous le vernis de la fiction, un véritable précis de science politique. Ce travail à mi-chemin de l’art et de la recherche universitaire s’ouvre sur une définition de la Nation américaine. Pour Michael Cimino, cette dernière est d’abord constituée de données objectives. Il s’agit notamment de Dieu, que l’on trouve aussi bien dans la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis du 4 juillet 1776 que sur le sacro-saint Dollar. Il s’agit plus généralement des usages culturels, que les immigrés de La porte du paradis ou de L’année du dragon ont d’ailleurs le plus grand mal à assimiler (langue, musique, coutumes…). On peut également songer aux institutions qui à l’image de l’armée ou de l’université, jouent un puissant rôle d’intégration sociale [7]. Mais en la matière, l’élément décisif est assurément la terre, qui conditionne l’enracinement des populations. Signe de l’importance que lui accorde Michael Cimino, elle est au centre du destin tragique de la Sicile et de Salvatore Giuliano. Elle l’est plus encore dans La porte du paradis, qui nous enseigne que sa possession est un critère fondamental de la citoyenneté : est américain celui qui, par son travail, devient propriétaire d’une parcelle du territoire national. Cette idée est l’héritage de la pensée du philosophe anglais John Locke (1632-1704) : le travail justifie l’appropriation des biens qui, à l’origine, appartiennent à tous ; en conséquence, celui qui cultive la terre en est le propriétaire légitime [8]. Point de départ de la « Conquête de l’Ouest », ce principe se manifeste clairement dans La porte du paradis, qui montre des immigrés européens s’installant dans les terres incultes du Wyoming avec, pour seules richesses, une concession territoriale du gouvernement fédéral, leur force de travail et la dignité de citoyen américain qui s’y rattache…
Le corollaire de cette vision politique est la mise en valeur de la Nature. Systématiquement magnifiée, elle apparaît comme le cadre affectif, l’enveloppe charnelle au sein de laquelle l’étranger prend peu à peu conscience d’appartenir au peuple américain. En l’espèce, le chasseur de cerf incarné par Robert De Niro dans Voyage au bout de l’enfer constitue un exemple des plus révélateurs : pénétré de la beauté envoûtante des montagnes pennsylvaniennes, il forge une part essentielle de son identité dans les paysages qui l’entourent [9].

- The Sunchaser (1996)
Néanmoins, Michael Cimino ne tient pas un discours exclusivement identitaire. A la manière d’Ernest Renan qui, en son temps, fustigeait le pur objectivisme de l’Allemagne [10], il défend une conception dualiste de la Nation. Ainsi, ses films nous enseignent que l’Amérique, terre d’immigration par excellence, est un alliage d’objectivité et de subjectivité, de devoir-être et de vouloir-être, de déterminisme et de libre-arbitre. Aux termes de cette réflexion, dont la logique procède directement de l’Histoire [11], on ne naît pas Américain, on le devient en ratifiant le pacte social et en adhérant aux valeurs de la patrie. Ces valeurs sont inscrites en lettres d’or dans la Déclaration d’indépendance, rédigée par Thomas Jefferson : « Nous tenons pour évidentes les vérités suivantes : tous les hommes sont crées égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ».
Tous ceux qui croient en ces principes sacrés ont vocation à devenir Américains. C’est précisément cette foi commune, cet espoir en des jours meilleurs, irradiés par la lumière salvatrice du droit, de la justice et du bien-être, qui poussent les héros dépeints par Michael Cimino à braver tous les dangers de l’immigration. Attirés par le rêve américain, ces individus ne sont pas enfermés dans le carcan des nécessités matérielles : s’ils doivent se fondre dans le creuset que forme la société qui les accueille, leur volonté prévaut théoriquement sur le déterminisme du sang et de l’origine géographique.
Cette représentation dualiste de la Nation [12], qui concède une large place au critère idéologique, trouve son prolongement naturel dans l’appropriation collective des mythes fondateurs de l’Amérique. Par exemple, les immigrés de La porte du paradis tentent de devenir d’authentiques Américains en s’installant à l’Ouest, c’est-à-dire, en repoussant la frontière de la civilisation et du progrès ; de même, leur soif de prospérité témoigne de leur adhésion à la doctrine protestante de la « destinée manifeste », selon laquelle la fortune est un signe d’élection divine. Tracy Tzu [13], la sémillante journaliste de L’année du dragon, s’inscrit dans une démarche similaire. Ainsi, imprégnée de la mythologie du pays qu’elle a choisi d’intégrer, cette « self-made woman » s’en est remise à son seul travail pour réaliser le rêve de sa vie : être élevée à la dignité de citoyenne des Etats-Unis.
Très proche du modèle français [14], ce tableau symboliste de la Nation américaine est encore plus riche de sens qu’on ne pourrait l’imaginer au premier regard. En effet, ses traits subtils expriment également la condamnation définitive d’un autre mythe, fils maudit de ceux qui ont pavé d’or le chemin glorieux des Etats-Unis : le mythe des origines. Ainsi, avec la constance caractéristique des hommes de conviction, Michael Cimino nous rappelle, à travers les destins contrastés de ses héros venus des quatre coins de la planète, que la notion d’ « Américain de souche » est totalement dépourvue de pertinence. Plus qu’une réalité objective, l’Amérique est une idée, que chacun est habilité à faire sienne, pourvu qu’il en manifeste le désir [15].
Dans l’ordre juridique, cette vision se traduit par la prééminence du droit du sol, de tradition française, sur le droit du sang, d’inspiration germanique : est américaine toute personne née sur le territoire des Etats-Unis [16].
C’est à cette Amérique universelle [17], dont la puissante identité est mise au service du lien social et non de la discrimination raciale, que Salvatore Giuliano voue un véritable culte. Dans le film que Michael Cimino lui a dédié [18], le célèbre hors-la-loi apparaît en effet comme un pécheur converti aux dogmes de ce système politique, comme un apôtre iconoclaste de l’Evangile selon Jefferson. Affligé par le mépris que Rome témoigne aux siens, révolté par les injustices d’une société immuable, qui tolère la confiscation des terres par une aristocratie d’un autre âge [19], il milite ainsi, avec un sérieux mâtiné de candeur, pour le rattachement de la Sicile aux Etats-Unis…
Cette foi en une Amérique ouverte constitue également le fil rouge de Voyage au bout de l’enfer, dont le sujet n’est pas la guerre du Vietnam, comme beaucoup l’ont cru, mais plus sûrement l’intégration à la Nation américaine d’une communauté originaire d’Europe de l’Est. A cet égard, on se souviendra tout particulièrement de la scène poignante dans laquelle Christopher Walken, bouleversé par les horreurs du conflit et par les questions tendancieuses d’un officier, tourne ostensiblement le dos à ses racines slaves et affirme en sanglotant que « Nikanor Chevotarevitch est un nom américain ».
Néanmoins, Michael Cimino ne saurait être considéré comme le chantre béat de sa propre patrie. Contrairement à bon nombre de ses contemporains, qui se laissent charmer par les sirènes du chauvinisme, il en retrace également les limites et les turpitudes. Ainsi, à la façon d’un historiographe épris de sociologie, il n’hésite pas à mettre en évidence les tensions ethniques qui secouent régulièrement l’Amérique. Dans L’année du dragon, il montre par exemple un officier de police d’ascendance polonaise (Mickey Rourke) qui, sous le couvert de la loi et de l’ordre, s’en prend aux usages de la communauté chinoise de New-York. Certes, les gesticulations rageuses de ce « bon Américain » [20] ne relèvent pas tant de la xénophobie que d’une volonté inextinguible de renforcer l’unité nationale [21] ; cependant, elles témoignent indéniablement des difficultés que rencontre le « Melting-pot ».

- Year of the Dragon (1985)
Ces difficultés, Michael Cimino les souligne également dans The Sunchaser, épopée tragique d’un jeune indien métis qui, incapable de s’insérer dans la société américaine, trouve dans la délinquance, puis, dans la quête d’un Graal chimérique [22], l’espoir pathétique d’une vie meilleure.
Cependant, c’est assurément dans La porte du paradis que se trouve la représentation la plus édifiante des maux endémiques qui ravagent la Nation américaine. A l’occasion d’une scène de bataille unique en son genre, qui pastiche audacieusement les classiques du western, Michael Cimino montre en effet des citoyens de longue date qui exterminent des immigrés européens, comme des cow-boys abattent des nuées d’Indiens tourbillonnant sur leurs chevaux. A l’appui de cette image honteuse, le cinéaste met en scène trois héros qui, à eux seuls, résument toutes les contradictions de l’Amérique. Incarné par John Hurt, le premier est un juriste alcoolique, trop lâche pour s’opposer à l’éradication des populations d’origine étrangère ; interprété par Christopher Walken, le deuxième est un ignoble tueur à gages, dont le repentir est impuissant à prévenir le massacre des innocents ; personnifié par Kris Kristofferson, le troisième est enfin un homme de loi aussi riche qu’idéaliste, dont le courage et la générosité sont finalement vaincus par le désenchantement [23].
Toutefois, Michael Cimino ne se contente pas de brûler ce qu’il a naguère adoré. Loin des vanités spirituelles et des portraits outranciers qu’affectionnent les polémistes, il nous aide, sans jamais sombrer dans la lourdeur démonstrative, à localiser les failles qui menacent à tout moment d’engloutir la Nation américaine et ses idéaux.
Les premières sont aisément identifiables. Tout d’abord, ce sont les remous de l’économie qui fragilisent l’équilibre entre déterminisme et volontarisme au nom duquel l’Amérique s’érige en terre d’accueil : comme on le voit dans La porte du paradis, la crise, en compliquant le partage des richesses, favorise inévitablement la montée des tensions sociales. Michael Cimino nous apprend aussi que ces conflits sont parfois liés à la résurgence d’un passé tourmenté. On le ressent avec force dans L’année du dragon, où s’opposent d’un côté, des Américains qui ont gardé du bourbier vietnamien un sentiment de rancune à l’égard des Asiatiques et de l’autre, des Chinois qui se souviennent avec amertume que leur pays d’adoption ne les a naturalisés qu’en 1943, après des décennies d’humiliation, voire, de servitude [24]. Cependant, la cause la plus évidente du malaise récurrent de cette Nation, qui a illuminé les rêves de générations d’êtres humains, c’est l’immigration elle-même. Certes, chacune de ses vagues confirme l’universalité des Etats-Unis ; mais parallèlement, elle remet en cause l’identité américaine. Cette ambivalence aux implications potentiellement dramatiques est magnifiquement restituée dans La porte du paradis et plus encore, dans L’année du dragon, où se manifeste avec une acuité toute particulière la confrontation de cultures qui peinent à s’accorder.

- Heaven’s Gate (1980)
Qu’elles soient alternatives ou cumulatives, ces causes premières sont à l’origine d’un phénomène à la fois complexe et méconnu, dont Michael Cimino est l’un des rares à avoir mesuré l’importance : le pervertissement du concept de propriété. Chez John Locke, penseur de référence des pères fondateurs des Etats-Unis d’Amérique, cette notion capitale repose sur deux piliers : la propriété des choses et la propriété de soi, c’est-à-dire, de sa vie [25]. Pour les adeptes de la philosophie lockienne, c’est dans le but de préserver ces deux attributs naturels de l’Homme que furent institués la société civile et son gouvernement [26]. Bien qu’il soit au cœur de la Déclaration d’indépendance de 1776, ce principe a été fréquemment battu en brèche par les dures réalités de l’Histoire. Le schéma de ce funeste délitement est invariable : l’accroissement conjoncturel des difficultés matérielles, associé à l’attrait structurel de l’humanité pour l’argent [27], pousse les Américains à se refermer sur leur communauté d’origine. Ainsi, la Nation universelle, fondée sur la dualité déterminisme/volontarisme cède progressivement le pas à une société fractionnée, dans laquelle chaque groupe fait prévaloir la sauvegarde de ses richesses sur la vie de ses concurrents. Semblable au chaos de l’état de nature que décrivent les philosophes contractualistes, cette situation est à la source des tensions raciales qui minent l’intégrité de l’Amérique. Michael Cimino a parfaitement démonté les rouages de ce mécanisme tragique, qui s’enclenche avec la crise économique, l’immigration de masse et le ressentiment historique, provoque l’éclatement du concept de propriété et aboutit à une ethnicisation conflictuelle de la Nation. Cette clairvoyance remarquable s’exprime notamment dans La porte du paradis, où le réalisateur montre comment l’Association des Eleveurs du Wyoming, soutenue par les pouvoirs publics, engage des mercenaires dans le but d’assassiner des « nouveaux citoyens » dont le seul crime est d’avoir volé du bétail pour survivre.
Au fond, les violences intercommunautaires qui constituent la trame de L’année du dragon ne sont que les effluves nauséabonds de ce bain de sang, alimenté par la soif d’appropriation et son corollaire, l’intolérance. Le film, dont le lyrisme cruel rappelle les classiques de l’opéra, montre ainsi que la difficile intégration des Chinois à la société américaine n’est, en définitive, que la conséquence d’un problème de propriété : d’un côté, les chinois s’ingénient à vivre en vase clos pour protéger leur art de vivre, sous l’ignoble impulsion de parrains mafieux qui voient dans cet isolement une excellente occasion de s’enrichir illégalement ; de l’autre, le maire et la police municipale de New -York ferment les yeux sur ces coupables agissements, dans l’espoir hypocrite d’empocher les dividendes sonnants et trébuchants d’une paix sociale en trompe-l’œil.

- The Deer Hunter (1978)
Conçu comme un exorcisme, Voyage au bout de l’enfer prend le contre-pied de ces démons corrupteurs de l’âme américaine. Cependant, il s’inscrit dans la continuité du raisonnement de Michael Cimino qui, sous les apparences d’un « film de guerre », tente de tracer la voie d’une intégration réussie. Proche d’un calvaire christique, ce long et sinueux chemin passe, une fois encore, par la propriété. La propriété ou, plus exactement, sa sublimation, car au bout du compte, les héros slaves de cette fresque en clair-obscur ne scellent leur appartenance à la Nation américaine qu’au prix d’un renoncement à leur vie et à leurs biens. Tel est le sens de la séquence mémorable dans laquelle Robert De Niro et Christopher Walken sont contraints, par des ennemis inhumains, à jouer à la roulette russe : en acceptant de mourir pour la patrie, c’est-à-dire, en se tenant prêt à sacrifier l’objet même de leur adhésion au contrat social [28], ils signent un pacte de sang avec les Etats-Unis. Omniprésente dans le film, cette valorisation du sacrifice [29] trouve sa conclusion logique dans la scène finale [30] : en entonnant un chant patriotique, les survivants éplorés de la guerre cessent d’appartenir à une communauté pour devenir enfin d’authentiques Américains…
Si la lucidité est le privilège des grands, nul doute que Michael Cimino comprendra qu’en ce monde mercantile où les richesses de l’esprit n’ont que peu de valeur, l’Artiste, avant de passer à la postérité, doit savoir endurer les humiliations de son temps. Aussi, quand ce peintre inégalé de la Nation américaine ne sera plus qu’un point incandescent dans cette nuit noire qu’est la mémoire du public, gageons que les vents de l’Histoire raviveront l’étincelle de son génie et sauront la faire briller au firmament étoilé des maîtres du Septième Art.

- Michael Cimino (tournage de The Deer Hunter)
L’auteur signe de nombreux textes dans l’Encyclopédie de l’agora : Dictionnaire critique du cinéma anglo-saxon



