Paris, Texas

Paris, Texas

1984, Wim Wenders

Sylvie Gendron , adminhc@horschamp.qc.ca

1997, septembre 14


En collaboration avec « Le festival de Cannes 1939-1997»

Road movie d'un nouveau genre, Paris, Texas suit le parcours d'un homme qui se recompose en rassemblant enfin les parties manquantes de son histoire : son nom, son frère, son fils, sa femme et, à Paris, au Texas, la pensée de ses parents. Travis ne fuit plus son passé; il y retourne, seul comme à la naissance et probablement, comme à sa mort. Entre les deux états ultimes, il y a l'amour, comme une arme à double tranchant, qui réconforte ou assassine.

Peu de films expriment avec autant d'intensité la passion dévorante que peut ressentir un être humain pour un autre. L'image large et profonde embrasse un espace à la mesure de cette passion. La musique plaintive s'en fait l'écho et les couleurs saturées donnent la mesure de la charge. Oui, peu de films mettent aussi bien en valeur la force du sentiment devenu obsession. À travers ce sentiment implacable, Wenders développe l'unicité des êtres et de toutes choses. De la photographie de Robby Müller, riche en détails et exaltant l'immensité des déserts et des villes inhumaines, jusqu'aux notes lancinantes ou tristes de la désormais célèbre guitare solo de Ry Cooder, tout nous conforte dans l'idée que nous sommes uniques et irremplaçables, que dans l'univers entier, chacun a sa place essentielle. C'est là le but de la quête de Travis : justifier de sa vie par le simple fait d'aimer.