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2000,
avril 30
Donigan
Cumming
CONTINUITÉ ET RUPTURE
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Texte
de la conférence prononcée par Donigan
Cumming à l'occasion de la tournée française
"Donigan Cumming : Continuité et rupture",
série de soirées vidéo organisées
par le Centre culturel canadien et Transat Vidéo,
présentées à Paris, Hérouville
Saint-Clair, Strasbourg et Marseille, du 25 octobre
au 2 novembre 1999.
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Pour
présenter mes vidéos, j'ai pensé orienter mes remarques
sur deux aspects de mon travail, soit sur les notions
de "continuité" et de "rupture". Ces notions sont centrales
à l'art contemporain - elles sont d'ailleurs au coeur
de toutes les formes de communication. Ce sur quoi je
voudrais attirer votre attention, c'est une question
de degré. Mon travail est conçu pour souligner la co-présence
de la "continuité" et de la "rupture" en tant qu'ils
sont une construction persuasive de la réalité.
J'ai
utilisé, dans ma pratique artistique et ce depuis le
début, des images photographiques, du son, du texte
et de la vidéo. Tous ces éléments sont liés entre eux
par leur rattachement à une réalité extérieure - l'oeuvre
a pour fonction d'enregistrer et de documenter. Tout
mon travail s'inscrit plus ou moins librement dans le
cadre du documentaire social; il s'agit d'un travail
qui interprète les attitudes sociales et les réactions
individuelles. Ce que j'inclus dans cette catégorie
du documentaire social, ce sont tous les aspects du
travail artistique : la vie affective de l'oeuvre dans
sa totalité (de sa production jusqu'à sa réception),
les questions liées aux réactions de la critique et
du public en général, l'éthique professionnelle, les
dispositifs narratifs, la symbolique, la rhétorique,
le mythe, ainsi de suite. La continuité qui anime mon
travail tient à la volonté de soulever des questions
sur la pratique documentaire - à mettre en jeu les attentes
- et ce, même lorsque je présente la réalité des conditions
sociales. En somme, ce travail commente, et souvent
de manière très critique, la tradition documentaire
qui le nourrit et lui sert de cadre. L'artifice manifeste
et la résistance à l'orthodoxie en sont les principaux
signes de rupture - la fiction s'infiltre dans la maison
de la vérité et vice et versa. Dans "La Réalité et dessein
dans la photographie documentaire", une exposition qui
regroupait plusieurs années de travail photographique
et qui a été présentée pour la première fois au Centre
national de la photographie en 1986, j'avais commencé
à aborder des enjeux qui sont toujours les miens aujourd'hui,
comme sont toujours présentes les personnes qui ont
été mes modèles à cette époque. Les personnes encore
vivantes comme celles qui sont aujourd'hui décédées.
L'une
de mes principales sources d'inspiration est la révolution
qui a marqué le film ethnographique, qui admettait désormais
la participation et par conséquent l'effet causé par
la présence du cinéaste dans son film. Dans mon cas,
c'est la présence du photographe documentaire qui se
sent plan après plan; on la sent aussi dans l'affect
qui traverse l'oeuvre de part en part, à la fois dans
son épaisseur et dans la durée, un affect qui se développe
en de profondes ramifications. Mes photographies comme
mes vidéos sont élaborés à partir d'une communauté de
figures en migration. Ces personnes n'ont jamais réellement
constitué une communauté cohérente avant d'être recrutées
pour poser comme des figures types dans ce que je considère
être une oeuvre de fiction documentaire. Mais la nature
de la photographie détermine à elle seule sa part de
réalité ; une communauté s'était formée et j'ai continué,
depuis, à vouloir connaître ses membres et à travailler
avec eux.
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Cut the Parrot
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Lorsque
je dis de cette communauté qu'elle est migrante, je
veux dire plusieurs choses en même temps. Quelques-unes
des personnes avec lesquelles je travaille appartiennent
en fait à la classe des travailleurs ou des assistés
sociaux. De ce groupe disparate, ceux qui sont en bonne
santé et encore mobiles se déplacent beaucoup; pour
eux, la domesticité est un sujet de conversation constant.
Si la chambre figure avec une telle importance dans
mon travail, c'est en partie parce qu'elle permet de
susciter une réflexion sur les préoccupations personnelles
de mes sujets; mais ces chambres ne sont pas nécessairement
les leurs. Pour la plus grande partie des membres composant
la société, les accidents, la maladie, le vieillissement
imposent des contraintes extérieures qui les dépouillent
de la seule chose qui leur restait, à savoir le pouvoir
de diriger leur vie et de rester chez eux.
Le
vieillissement et la maladie dépouillent également ces
personnes d'autres choses moins tangibles. On a déjà
dit de mon travail qu'il brisait la règle selon laquelle
on devait, dans certaines circonstances et par politesse,
savoir ne pas regarder avec insistance. Bien sûr, il
est convenable de regarder, de fixer même, lorsque l'objet
du regard est entier et qu'il se porte bien. La bienséance
nous impose d'arrêter de regarder - c'est-à-dire détourner
notre regard - lorsque la personne que nous avons toujours
regardée perd ses pouvoirs, qu'elle est défigurée ou
masquée par quelqu'appareil médical. Dans ce cas, où
diriger notre regard ? Dans la chambre d'un parent malade
ou dans l'appartement d'une personne veuve et âgée,
notre regard a tendance à fuir et dériver. Mes photographies
regardent fixement. Mon travail vidéographique s'approche
au plus près de ce sentiment que provoque le regard
fixe - la vision embrouillée qui dit "j'en ai assez
vu" - mais il revient toujours obstinément au sujet.
J'ai regardé ces personnes en pleine face pendant 17
ans et je compte bien continuer à le faire.
A
part les déplacements vers le haut ou vers le bas de
l'échelle sociale, dans ou en-dehors des regards convenables,
une autre forme de mobilité est créée, au sein de cette
communauté
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Erratic Angel
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d'acteurs
amateurs, par la narration et le jeu. J'utilise beaucoup
de métaphores théâtrales, tant quand je produis que
quand je parle de mon oeuvre. Ce n'est pas le spectacle
pour lui-même qui m'intéresse mais il y a certains aspects
de l'expérience théâtrale qui sont cruciaux pour ce
que je fais. Il s'agit là d'une théorie sociale de base
mais elle a marqué ma formation et est au coeur de mes
premières sources d'inspiration. Mon passé est fait
d'un mélange : il vient du théâtre (je veux dire de
Beckett, Artaud, Brecht et Ionesco) puis, plus tard,
de la performance de la fin des années 60 alors que
Fluxus et le Funk étaient aussi dans l'air.
Mon
passage de la photographie à la vidéo en a surpris quelques-uns
mais ils oublient que j'ai fait mon premier film en
1968 en collaboration avec Robert Forsyth. C'était un
film de 8 minutes sur une bande sonore de 2 heures et
demie. La bande son de Tennessee Street commençait
avec la lecture d'extraits tirés du livre The Bride
and the Bachelors de Calvin Tomkins; on nous voyait
rouler le long d'une avenue commerciale, arrêter notre
camionnette pour parler aux gens, acheter des beignets
- cette promenade a duré trois heures au total. Nous
étions contre le montage alors on a mis le film en boucle
sur toute la durée de la bande sonore. Robert et moi
avons fait une petite tournée avec ce film. La dernière
présentation a eu lieu à Columbus en Georgie où le film
n'a pas été bien reçu. Il m'a fallu vingt ans avant
d'en faire un autre.
Malgré
cet échec de jeunesse, j'ai continué à emprunter les
outils de la culture populaire. Je cherche à cultiver
l'implication du spectateur - même si je dois pour cela
être confronté à des vagues de désapprobation ou de
rejet. J'ai lu quelque part que le livre qu'on décide
d'arrêter de lire a très souvent une influence plus
grande que celui qu'on lit jusqu'au bout. C'est ce que
je me dis lorsque les gens sortent en plein milieu d'une
de mes projections. Je veux être provocateur ; je crois
devoir l'être. Mon travail s'adresse aux gens qui sont
pris, même inconsciemment, par les événements théâtraux,
des romans-feuilletons télévisés (les "soap opera")
jusqu'à la politique. Ils sont habitués au spectacle
et leur monde est tapageur. Je suis tapageur moi aussi.
Dans
son contenu comme dans sa dimension théorique, mon oeuvre
soulève des enjeux catégoriques de confusion et de transgression.
C'est avec la photographie que j'ai d'abord abordé ces
enjeux. Ses qualités réalistes me plaisent, le détail,
le fait qu'elle semble décrire une situation avec justesse
ou avec plus de vérité que tout autre média. J'aime
ce que fait et ce qu'incarne la photographie - la manière
dont elle peut être utilisée en relation avec d'autres
médias. Depuis le début, j'ai utilisé le son pour miner
le réalisme des photographies. Dans les installations
photographiques, une bande son répétée de manière obsessionnelle
venait troubler la pureté de l'image. L'idée m'est venue
ensuite de soumettre le spectateur à une confrontation
du même type avec la fiction documentaire. Dans les
récentes installations multi-média, la répétition prend
la forme de réincarnations et de boucles rythmiques.
Mon style photographique est transposé dans la vidéo
sous forme de long plans continus et de discussions
hors champ qui viennent ébranler la forme documentaire.
Je vois le grain de la vérité dans tout cela : les techniques
photographiques et vidéographiques discordantes simulent
les pressions que subissent les gens dans leur vie.
Les tensions systématiques assurent le maintien d'une
condition au-delà de l'absurde - au-delà de sa négativité
-, comme un théâtre interdisciplinaire du chaos - une
condition productive. Ce que je recherche à travers
cette intégration des médias est un niveau de désintégration
qui défait l'unité de chacun des médiums et qui stimule
le désordre. Le son, qui opère à l'intérieur et à l'extérieur
du corps, est tout particulièrement efficace en ce sens.
J'aime les chansons sentimentales sur l'amour, Dieu
et la terre. J'aime le son de la télévision en arrière-plan
des scènes parce que cela a vraiment l'air de nourrir
l'imagination des mondes que je photographie et que
j'enregistre.
J'ai
utilisé plusieurs formules différentes pour faire référence
au monde que je photographie : une communauté imaginaire,
une arène, un théâtre - il s'agit là de concepts très
ouverts car je tiens à ce que l'espace de travail s'ajuste
à un grand nombre de personnes et d'entreprises. C'est
ma propre entreprise bien sûr qui est au centre de tout
cela. Le travail que je fais est intensément personnel
et basé sur des leçons de vie. L'histoire que je raconte,
à la fin de la bande vidéo Coupez le perroquet,
est vraie. Mon frère aîné, Julien, est un déficient
mental. Grandir avec Julien - avec tous les paradoxes
de sa vie - m'a fortement influencé. Je pense sans cesse
à Julien et aux personnes qu'il m'a présentées. Elles
m'ont conduites à d'autres personnes dont les perceptions
et les expériences sont tout à fait différentes des
miennes. Je ne représente pas leurs perceptions et je
ne
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A Prayer for
Nettie
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prétends
pas le faire - je représente les miennes, qui sont fondées
sur le regard que me renvoient les gens. Je travaille
avec des personnes qui ont des qualités particulières
que je veux réunir en une seule oeuvre. Quelques-unes
d'entre elles travaillent avec moi pour le plaisir de
jouer. D'autres le font seulement pour l'argent. D'autres
encore, comme Nettie Harris, veulent travailler mais
elles cherchent aussi à transmettre un message à la
société. Le sien était lié au fait d'être une vieille
femme. Nettie a compris l'impact que pouvait avoir ce
qu'elle faisait sur d'autres vieilles femmes du même
groupe social et elle était prête à prendre le risque
d'être critiquée. D'autre personnes avec qui je travaille
cherchent à transmettre des messages de rébellion, de
non-conformisme, de colère et de spiritualité. J'incorpore
leurs messages à mon oeuvre.
Le
contenu de mon travail a suivi mon développement personnel.
J'ai été jadis beaucoup plus en colère qu'aujourd'hui.
Réalité et dessein était une sorte de revanche
sur ce qu'on appelait alors la photographie engagée
- la critique était ostensiblement pointée sur les collègues
photographes mais aussi sur la suffisance du public.
Mon travail est devenu, depuis, moins didactique, plus
personnel. Je ne me préoccupe plus d'anticiper ou de
résumer les sentiments des autres. Ce que je veux faire
maintenant c'est créer un espace public où les gens
peuvent vivre une expérience productive.
Lorsque
j'explique mes projets, je peux les relier entre eux
comme les morceaux d'un grand ensemble. Une prière
pour Nettie a été le pont entre mon travail photographique
et vidéographique. C'était une élégie à mon modèle défunt.
Coupez le perroquet a suivi très logiquement
comme une
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After Brenda
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extension
de ma relation avec Albert, le principal pleureur de
Nettie. Mais en fait, Albert connaissait à peine Nettie.
Les autres ne la connaissaient pas du tout. Il y a bien
un homme qui pleure et qui souffre mais cette douleur
n'est pas dirigée vers Nettie mais plutôt vers sa femme.
Coupez le perroquet devait être une comédie mais
Albert est mort, alors la comédie s'est transformée
en veillée mortuaire. Dans Après Brenda, on est
devant un cas de désir obsessionnel, celui de Pierre
pour Brenda, une femme qu'il a aimée et violée. Mais
l'obsession essentielle, le moteur de cette oeuvre était
ma propre obsession pour un acteur masculin qui m'avait
promis de travailler avec moi et qui a disparu. Alors
que je recherchais Gerry, je suis tombé sur Pierre qui
voulait Brenda et son obsession s'est assimilée à la
mienne. Pour contrer la dimension mélodramatique du
chagrin d'amour de Pierre, j'ai inventé une histoire
beaucoup plus froide où dépendance, absence de foyer
et mort accidentelle sont racontées par un narrateur
sans identité. Dans L'Ange capricieux, le récit
s'est développé à travers l'histoire de la vie de Colin,
un homme de ma génération qui a eu moins de chance que
moi.
C'est
ainsi. Je me suis déplacé d'un projet à l'autre d'une
manière assez instinctive. Lorsque j'ai commencé à travailler
sérieusement avec Nettie Harris, il s'agissait de la
regarder, après l'avoir regardée pendant six ou sept
ans j'ai réalisé qu'elle devenait vraiment vieille et
à quel point j'étais impliqué dans ce processus. Étant
plus jeune, je trouvais important de changer et de faire
quelque chose de nouveau. Maintenant, j'accepte le fait
d'être conduit par des questions majeures et non résolues
auxquelles je réponds différemment à des époques différentes
de ma vie. C'est très étrange mais cette prise de conscience
semble avoir mené à plus d'expérimentation plutôt qu'à
moins.
Une
prière pour Nettie (1995)
Ma
première bande, Une prière pour Nettie, est une
oeuvre de transition, conçue, à l'origine, comme partie
d'une installation comprenant des photographies et sept
moniteurs. Cela explique la structure épisodique de
cette bande vidéo, même si, au moment de sa production
et de celle des bandes suivantes, j'ai pris peu à peu
conscience d'être tombé là sur un facsimile tout a fait
exploitable de ma propre vision du monde. Cette bande
est une élégie dédiée à Nettie Harris qui fut mon modèle
principal pour le projet photographique Pretty Ribbons.
Nettie est décédée au mois d'octobre 1993. C'est pendant
l'été qui a précédé sa mort que j'ai commencé à la filmer.
Nous nous rencontrions déjà une fois par semaine pour
travailler ensemble; le moment du tournage n'a rien
changé à cette habitude. Cette bande vidéo porte sur
le deuil et la mémoire.
Coupez
le perroquet (1996)
Ma
deuxième bande, Coupez le perroquet, fut inspirée
de la dernière scène dans Une prière pour Nettie.
Albert Smith et moi y jouons une petite satire qui brise
le cycle de piété et d'espoir, ceci après avoir fait
sortir le chat au début de la séquence. Cette improvisation
m'a donné l'idée de faire une comédie avec Albert, idée
qui a persisté même après sa mort. Coupez le perroquet
est donc devenue une bande sur la mort d'Albert, pas
une élégie mais une veillée mortuaire. Les gens racontent
des histoires, des blagues, ils trouvent du sens dans
les choses les plus banales. Les personnages évoluent
entre Albert vivant et Albert décédé, puis bifurquent
sur la vie et la mort de ceux qu'ils aiment. Ils prient,
chantent, se souviennent d'histoires de la guerre...
La veillée crée un espace d'exutoire carnavalesque,
faisant la mort grande, bruyante et réelle, dans la
sécurité d'un récit fictif. Ma scène préférée dans Coupez
le perroquet est un dialogue avec Susan...
After
Brenda (1997)
Après
Brenda est l'histoire d'un homme appelé Pierre.
Cet homme a de sérieux problèmes - sans abri, il a été
jeté en prison pour enlèvement et viol, a été acquitté
et est toujours obsédé par une femme dont il est amoureux
et qu'il accuse d'être la source de tous ses maux. Il
s'agit de Brenda dont nous faisons la connaissance dans
l'appartement temporaire de Pierre. Je considère ce
vidéo comme un roman. Les acteurs amateurs jouent des
versions de leur propre vie dans des décors qu'ils ont
créés eux-mêmes - leurs chambres, leurs paysages urbains.
Si ces aspects de mes vidéos peuvent être considérés
comme vrais, ma prétention à la fiction l'est tout autant.
Dans son obsession pour Brenda, Pierre imagine qu'elle
couche avec n'importe qui. Il accuse Nelson, un homme
âgé, de coucher avec Brenda juste sous ses yeux. Ce
fantasme est très ordinaire ; il s'agit d'un mélange
très humain de fait et de fiction. La vie de Pierre
est entièrement construite sur ce type d'intrigues tordues.
L'Ange
capricieux (1998)
L'Ange
capricieux est un documentaire. La figure centrale
est Colin Kane. Colin est un homme de mon âge; nous
venons du même monde et avons vécu plusieurs expériences
semblables. A un certain moment, nos vies ont pris des
tournants opposés et Colin est tombé au plus bas dans
l'alcool et la drogue. La situation de Colin n'a rien
d'exceptionnel mais cette personne s'avère être un informateur
très articulé. Il a vraiment pris au sérieux l'idée
de ce film comme si celui-ci pouvait constituer une
forme de thérapie artistique, participer à sa guérison.
Il s'agissait aussi pour lui d'une performance. Colin
est d'une franchise brutale et très critique par rapport
au système médical. En même temps, comme vous pourrez
le voir, et alors même qu'il déclame, Colin sort quelquefois
de la peau de son personnage et de son rôle de sujet
documentaire. Ce glissement correspond précisément à
une forme de rupture que le cinéma documentaire traditionnel
tend à éluder.
Karaoke
(1998)
Karaoke
est tout court - juste trois minutes. Cette bande
fait partie d'une série sur laquelle je travaille actuellement,
plus photographique que cinématographique. J'appelle
cela des Moving Stills.
Distribution : www.vdb.org
et www.cinemalibre.com/dcum
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