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Paule
Baillargeon a fait partie de l'effervescence de recherche
et de conscientisation sociale du théâtre québécois
à la fin des années soixante en étant comédienne au
sein du Grand cirque ordinaire. Elle a réalisé
son premier court métrage, Anastasie, oh! ma chérie,
en 1977, et a réellement révélé sa voix d'auteure avec
son premier long métrage, La cuisine rouge, co-réalisé
avec Frédérique Collin en 1979. Un film singulier, portrait
d'une génération et expression lucide des préoccupations
féministes, qui brille par son énergie, ses choix esthétiques
radicaux et une interprétation issue d'un long travail
d'improvisation et de réécriture avec les acteurs. Cette
approche à la création s'est par la suite butée aux
impératifs des structures de production et c'est confinée
dans le processus de l'industrie qu'elle réalisa Le
sexe des étoiles en 1993, film qui a tout de même
connu une carrière intéressante. Elle s'est aussi illustrée
comme actrice dans plusieurs productions québécoises
des trente dernières années. L'artiste nous livre ici
sa perception de la situation actuelle de l'art et de
la culture au Québec et en général.
***
Avez-vous
des influences au cinéma ? Si oui, y a-t-il un lien
à faire avec votre oeuvre ?
P.B.
: Principalement Jean-Luc Godard et Luis Bunuel... Aussi
Angelopoulos ; lui c'est très précis, il m'a influencé
d'une façon très concrète... Il y a très longtemps il
avait fait "Le voyage des comédiens", qui jouait dans
un festival de Montréal à 9h00 du matin, un dimanche.
À ce moment-là j'étais en train de préparer le tournage
de "La cuisine rouge" et il y avait une scène du film
avec plusieurs hommes autour d'une table, Frédérique
Collin et moi voulions absolument faire une scène avec
seulement 4 plans qui englobaient toujours tous les
protagonistes, on ne voulait faire aucun plan rapproché...
Et nous avions à ce sujet beaucoup d'oppositions, des
oppositions bien intentionnées, de la part du reste
de l'équipe qui disait que cela n'avait pas de sens,
qu'avec des acteurs aussi formidables il fallait s'en
rapprocher. C'étais donc difficile de tenir à notre
idée, et en allant voir ce film d'Angelopoulos qui étais
presque entièrement tourné en plans larges et dont quelques
scènes étaient filmées dans une certaine pièce alors
que l'action se déroulait dans une autre, cela m'a donné
énormément de courage pour tourner "La cuisine rouge"
tel qu'on voulait le faire au départ.
Croyez-vous
que le niveau de qualité et d'innovation dans
le cinéma puisse s'abaisser avec le temps ?
P.B.
: C'est évident que les choses vont changer énormément.
Les 100 premières années du cinéma furent extraordinaires,
maintenant on ne sait plus trop où on s'en va avec toutes
ces histoires de multimédia. Des grands créateurs il
y en aura toujours, mais ça se fera d'une autre manière.
Si le niveau de création décroît il va décroître en
même temps que tout... J'étais avec un ami l'autre jour
qui me disait "Est-ce que c'est fini ? Est-ce qu'on
est à la fin de tout ou est-ce que tout va repartir
?". On a un peu l'impression que tout se déshumanise
et le niveau de création s'y rattache. L'art et la créativité
ont besoin d'être réinjectés dans le coeur des gens
ordinaires, dans le coeur des gens qui vivent des vies
normales, qui travaillent de 9 à 5, etc. Aujourd'hui
ils sont loin de ça pour eux-mêmes, ils ne savent même
plus ce que c'est. Or sans la création il n'y a pas
de vie, on ne peut pas vivre sans ça. Et c'est vrai
pas seulement pour les créateurs qui en font un métier
ou une façon de vivre, c'est vrai aussi pour tout le
monde.
On
parle de niveau de création, n'y a-t-il pas une certaine
linéarité, une certaine standardisation dans la création
québécoise actuelle ?
Je
pense que ce problème de la linéarité que nous vivons
est un problème très concret. Je dirais que cette linéarité
nous est imposée d'une façon claire par les institutions
et les baîlleurs de fonds. Il n'y a plus moyen de travailler
de façon plus mosaïque et plusieurs d'entre nous en
sommes désespérés. Maintenant je ne sais pas s'il est
vrai que le public demande ça, il me semble que notre
manière de voir et de recevoir est changée par des trucs
comme les ordinateurs et le phénomène du "copier/coller"...
Tout cela change nos esprits ; je me suis rendue compte
que je ne lis plus un livre comme avant, je le lis par
segments et je suis moins concentrée, même chose pour
la télévision où l'on s'habitue à zapper et à faire
entrer en nous les images pêle-mêle. Cette façon de
regarder n'est certes pas linéaire, et en tout cas certainement
pas chez les plus jeunes. Donc nous sommes dans l'erreur
si l'on persiste à imposer une linéarité, au niveau
du processus de création, à des médiums comme
le cinéma.
Mais
lorsque vous parlez d'une non-linéarité des jeunes et
de la télévision, tout cela ne reste t-il pas très en
surface à l'heure actuelle ?
P.B.
: Cela reste effectivement en surface s'il n'y a pas
une éducation réelle. Lorsque j'étais étudiante il y
a avait des ciné-clubs qui m'ont permis de voir mon
premier Polanski et mon premier Forman. Comment aurais-je
su que cela existait autrement ? Comment aurais-je pu
savoir qu'il y avait un type de cinéma différent ? Je
suis persuadé qu'il y a énormément de gens au Québec,
de Québécois, de jeunes Québécois, qui ne savent pas
que le cinéma québécois existe. J'en suis persuadée.
Il faut donc travailler à cette éducation dès l'enfance.
C'est uniquement de cette façon que l'on parviendra
à sortir de la consommation, de l'acte de consommer.
En ce moment on ne fait que consommer, on ne se nourrit
plus.
Cette
conscience existe-t-elle au Québec ?
P.B.
: Je ne sais pas, je ne sais plus. Ce qui m'apparaît
assez triste dans le moment c'est l'impossibilité pour
les intellectuels québécois ou les artistes québécois
de trouver leur public. Pour moi c'est vraiment là que
se trouve un manque de conscience généralisé. C'est
un problème éternel au Québec. Ce n'est pas un état
de fait qu'on retrouve aussi fort partout. C'est un
problème très québécois. Il y a eu un grand mépris des
intellectuels et des arts dans le passé ici au Québec.
Malgré le fait qu'il y a eu une explosion artistique
extraordinaire dans les années 60-70 on dirait que les
gens sont restés méfiants et craintifs des idées. Vous
savez les Québécois on n'a pas fini d'en parler, jusqu'à
ce qu'ils n'existent plus, c'est-à-dire bientôt... En
tout cas les québécois francophones.
C'est
très compliqué : pourquoi les Québécois sont-ils parfois
si inventifs, si en avant de leur temps, et à la fois
si arriérés ? Aujourd'hui, si je regarde la situation
présente de façon superficielle, je me dit "mais est-ce
que j'ai rêvé ? Est-ce que j'ai bien vécu ce que j'ai
vécu ?"... C'est tellement banal, et on ne fait que
baigner dans la médiocrité, on n'a plus de visionnaires...
Et je pense que les artistes d'ici pourraient gueuler
plus et être plus solidaires. Malgré tout il reste qu'il
y a un épuisement, un épuisement physique et mental,
car c'est devenu tellement difficile de tout simplement
arriver à gagner sa vie que le temps et l'énergie à
consacrer à une vision plus globale et à autre chose
qu'à sa petite personne se font rares. Je
le déplore et j'aimerais beaucoup faire partie d'un
mouvement, mais d'une certaine façon je l'attends ce
mouvement, j'attends que les plus jeunes le fassent,
parce que c'est à la jeunesse de faire ça... La jeunesse
prend sa place actuellement, prend sa place partout,
elle est très riche et contient beaucoup de gens formidables
mais elle est aussi très individualiste... Chacun fait
sa petite affaire et c'est vrai que le métier de cinéma
est un métier très individualiste mais en même temps
ça n'a jamais empêché l'histoire de voir naître des
mouvements collectifs. Alors ici il y a quand même des
gens qui gueulent et qui restent intègres mais il n'y
a personne qui part au front et qui dit "changeont les
choses chez les institutions et les baîlleurs de fonds"...
Le
Québec est devenu une société très très fonctionnarisée
et ce sont maintenant uniquement des fonctionnaires
qui décident des films qui se font ou ne se font pas.
Et ça ce n'est plus viable, les fonctionnaires et les
artistes ensemble ça marche difficilement. Il n'y a
pas assez d'artistes dans ces institutions, il devrait
y avoir là autant d'artistes que de fonctionnaires.
Dans ces sociétés, soit qu'il n'y ait aucun artiste
ou soit il y en a un sur 15, donc à peu près personne
pour parler de la profession de l'intérieur et aucune
véritable parole qui soit celle d'un artiste. En réalité
ces gens-là, qu'ils fassent bien ou non leur travail,
certains le font bien, il reste qu'ils sont là pour
élaborer des programmes et pour que les programmes fonctionnent.
Mais l'art ne marche pas comme ça.
Et
cela amène aussi à la perte d'une part d'instinct qui
se retrouvait justement dans le processus de création
des grands réalisateurs comme Bunuel et Perrault...
P.B.
: C'est exactement ça... Et on ne risque pas ! On a
peur du risque à un point maladif. Et on s'imagine qu'on
peut prévoir quelle recette va réussir. Ça ne marche
pas comme ça. Et si on regarde la façon dont on faisait
les films dans les années 60-70, alors qu'il y avait
quand même moins d'ingérance, donnant-donnant si on
compare les films d'aujourd'hui et les films de cette
époque-là je pense qu'on est obligé de dire qu'il y
a plus de films de cette époque qui vont rester et qui
ont une diversité extraordinaire. Les gens des institutions
devraient comprendre qu'un scénario ça s'écrit du début
à la fin de tout le projet, et donc c'est déjà un exercice
de linéarité, alors si en plus on nous demande qu'il
soit coulé dans le béton dès le départ et de savoir
tout ce qu'on va faire avant de le faire... Ceux qui
font du cinéma vous le diront : la raison pour laquelle
un cinéaste veut faire un film, je parle d'un film d'auteur,
c'est parce qu'il cherche quelque chose qu'il ne sait
pas. Tout comme quelqu'un qui écrit un livre ou qui
fait une peinture et qui cherche quelque chose qu'il
ne connaît pas, qu'il veut découvrir... Donc si on nous
demande d'absolument tout expliquer sur ce qu'on construit
et de présenter une thèse sur le scénario qu'on est
en train d'écrire, alors à ce moment la magie, le mystère
et l'instinct dont tu parlais disparaissent complètement.
C'est quelque chose qui semble difficile à leur faire
comprendre. Le scénario doit être un outil, un outil
dont on a besoin pour que tous les créateurs d'un film
se rencontrent et entament une aventure. Des façons
de faire des films il y en a de toutes sortes et c'est
idiot ces histoires de scénario, c'est ce que j'appelle
présentement la dictature du scénario... Je ne suis
pas contre le scénario en tant que tel mais je suis
contre le fait que tout le monde doive écrire un scénario
de la même manière, c'est-à-dire en au moins quatres
versions... Que voulez-vous ce n'est plus intéressant
de faire ce métier dans ces conditions ! C'est un des
éléments qui fait que la création baisse car les auteurs,
les cinéastes finissent par perdre leur enthousiasme,
leur goût, leur désir et ne font plus que tourner ce
qui était prévu quatre mois à l'avance...
Cela
doit être difficile pour la réalisatrice de "La Cuisine
Rouge", qui est un film dont la valeur profonde se rattache
étroitement à son processus de création ?
P.B.
: Ma première manière de faire des films est la seule
qui me convient, c'est la mienne. Il est très difficile
de parler de "La Cuisine Rouge", c'est encore un film
austracisé, un film que personne ne connaît vraiment,
un film que les gens qui écrivent sur le cinéma québécois
mentionnent très peu, et les rares qui en parlent ne
savent pas quoi en dire. Il n'y pas eu de véritable
analyse de ce film-là, la façon dont il s'est fait.
C'est quand même étrange. Même à l'époque de sa sortie
la réaction a été violente et très partagée, et ne serait-ce
que faire le film fut très dur. Quand je suis arrivée
avec le scénario la première réponse a été non, et il
s'est finalement fait à l'aide d'un spectacle bénéfice,
grâce à l'investissement d'un tas de personnes et ce
sur une période de 2 ans. Quand on dit que le cinéma
ne change pas la vie eh bien je suis désolée mais moi
il a changé la mienne pour toujours. Et il a aussi changé
l'existence des personnes qui étaient autour. C'est
un film qui a orienté nos carrières, moi après je ne
voulais plus jamais faire de films. Quand on y pense
c'est extraordinaire qu'un film puisse faire ça ! Peut-on
imaginer qu'un film puisse avoir un tel impact aujourd'hui
? Bon, ceci dit, c'était une époque, je ne veux pas
sans cesse revenir en arrière, j'ai vécu ce que j'avais
à vivre et voilà. Mais il reste que ce sont des méthodes
de travail que j'aimerais beaucoup continuer d'explorer,
des manières de faire avec les acteurs qui étaient exhaltantes.
Ce genre de processus est absolument impossible dans
les structures actuelles.
À
quel niveau est-ce que cela bloque dans le schéma de
production du film ?
P.B.
: Comme les producteurs ne donnent pas d'argent de leur
poche et qu'ils vont la chercher dans les institutions
c'est donc là que ça commence : chez TÉLÉFILM, la SODEC,
etc. Ils ont des programmes qui doivent être suivis
à la lettre et si les producteurs veulent de l'argent
ils sont obligés de passer par là. Chez les producteurs
il y en a qui défendent la création, peu, mais il y
en a, mais eux aussi sont pris dans cette mécanique...
Vraiment s'il y avait une action à faire ce serait de
rentrer dans les institutions, de les occuper et de
dire que ça ne peut plus marcher comme ça, que c'est
un suicide.
Sauf
qu'au bout du compte aucune action réelle n'est prise
: est-ce qu'on ne confine pas un peu les créateurs de
leur rôle d'intellos gâtés ?
P.B.
: Tout à fait, et en plus on les méprise et on les isole.
Parce que les créateurs n'ont pas le sens des affaires,
ils ne comprennent rien, etc. Mais comme j'ai dit je
crois qu'il n'y pas d'autre solution que la force du
nombre, sinon ça ne fonctionne pas. Et tant qu'on ne
se rendra pas compte de ça nous allons continuer de
péricliter.
Que
pensez-vous de l'avènement des tournages américains
à Montréal et de la fierté que beaucoup semblent en
soutirer ?
P.B.
: Je trouve que c'est plutôt enrageant. Quand on entend
dire aux nouvelles que "c'est formidable, le cinéma
apporte des millions aux Québécois, c'est fantastique
que l'industrie puisse rouler, etc" je trouve ça vraiment
lamentable. C'est une fierté de colonisés car cet avènement
américain ne nous apportera rien au final. Et là-dessus
on nous affirme des millions de retombées économiques
mais ça ne nous revient pas ! Je ne suis pas fiscaliste
mais il me semble qu'une partie de ces argents devraient
nous servir directement pour notre cinéma. En apparence
le discours officiel de nos dirigeants semble en être
un de sympathie pour nos créateurs mais il ne faut pas
se leurrer, leur véritable discours en est un de mépris,
alors que leur mandat devrait être un réel accompagnement
et de rendre vivante la création. Là on a éliminé la
vie... Même les bâtiments dans lesquels ils se sont
installés ne donnent pas envie d'aller les voir : je
ne sais pas si vous êtes déjà allés à TÉLÉFILM CANADA
mais c'est assez effrayant. Ils sont au 32e étage et
les 31 étages au-dessous ce sont des banques. Ce sont
des endroits froids où on n'a pas envie de discuter.
On
parle des institutions mais n'y a-t-il pas aussi un
manque d'indignation chez nos artistes ?
P.B.
: Mais c'est parce que les artistes qui revendiquent
ou qui parlent un peu fort finissent par payer cher
le prix de leur intégrité... Ils sont vite étiquetés
comme étant des gueulards et ils terminent en parlant
dans le vide car ça ne dérange plus personne. Et c'est
vrai que, comme artistes, nous avons le devoir de parler
et de critiquer mais quand on le fait on a énormément
de difficultés à s'en remettre. Ce type de censure existe
bel et bien, parce que les gens sont humains et si on
attaque leur institution ils se sentent attaqués eux-mêmes,
alors quand votre dossier se retrouve sur la table vous
pouvez être sûrs qu'ils ont ça en tête. Souvent on se
dit "eh bien j'vais me taire", parce que tous ensemble
ça peut faire aboutir des choses mais un par un on ne
fait que prendre des claques. Et les jeunes dans tout
ça, il y a chez eux une apathie, un manque de curiosité
et un manque de connaissance de ce qui est possible,
des sources d'inspiration que l'on peut trouver au théâtre,
dans la littérature, dans la peinture... Je sais qu'ils
sont confrontés au dur fait de gagner leur vie mais
quand même, c'est loin d'être une excuse.
Dans
tout ça on peut toujours ne blâmer que les institutions
mais il reste que le problème est un phénomène culturel
beaucoup plus global et complexe... Ces façons plus
personnelles de travailler dont vous parlez ce sont
vues ailleurs, chez des gens comme John Cassavetes,
Robert Morin, Von Triers, etc. C'est peut-être aussi
un manque de discours sur le cinéma en tant qu'art...
P.B.
: Oui. Mais le cinéma en tant qu'art, qui en parle encore
? Maintenant c'est ce qu'on appelle les "industries
culturelles". Moi je me suis toujours définie comme
une artiste mais quand je dis ça je me sens très très
vieille. Quand
je dis que le cinéma est un art et qu'il doit continuer
à être un art j'ai l'impression d'avoir 150 ans ! Et
ce problème découle notamment du fait qu'on ne subventionne
plus une personne mais un projet. On ne croit pas dans
la continuité. Tout n'est axé que sur le projet. On
nous dit le contraire, on nous dit que la feuille de
route est prise en considération, mais ce n'est pas
vrai. Ce n'est pas vrai parce que à chaque fois qu'on
soumet un projet c'est comme si on recommençait à zéro,
comme si on n'avait rien fait, nous sommes des inconnus.
Très souvent on a le sentiment que les gens en face
de soi n'ont jamais vu nos films et ne savent pas ce
qu'on fait. Donc on n'encourage pas un artiste, ça n'existe
pas ici, je pense même que ça n'a jamais existé. Et
ça aussi c'est un problème très québécois, le problème
de celui qui est incapable de comprendre son passé et
de se projeter dans l'avenir.
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